Syrie: Des bombardements d'une violence inouïe frappe Alep, 27 civils seraient décédés

SYRIE Dans un bruit terrifiant, des roquettes, des obus et des barils d'explosifs s'abattent en faisant trembler le sol et les immeubles...

20 Minutes avec AFP

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Alep prend des allures de ville fantôme
Alep prend des allures de ville fantôme — AP/SIPA

Des bombardements d'une violence inouïe. Les attaques menés par le régime syrien pour le cinquième jour consécutif sur les quartiers rebelles de la ville d'Alep ont détruit l'un des derniers hôpitaux du secteur et forcé les écoles à fermer leurs portes. Dans un bruit terrifiant, des roquettes, des obus et des barils d'explosifs s'abattent en faisant trembler le sol et les immeubles, témoigne le correspondant de l'AFP dans les quartiers est de la deuxième ville de Syrie.

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«Les gens n'osent pas sortir de chez eux»

«Les gens s'endorment au bruit des bombardements et se réveillent au bruit des bombardements», a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui dispose d'un large réseau de sources à travers le pays en guerre. Les gens n'osent pas sortir de chez eux». Selon l'OSDH au moins 27 civils ont péri samedi dans des frappes aériennes et bombardements du régime syrien sur les quartiers rebelles d'Alep, au 5e jour de l'offensive de l'armée, après une supension d'un mois, portant à plus de 90 le nombre de civils tués depuis mardi. 

Les troupes du président syrien Bachar al-Assad sont déterminées à reprendre coûte que coûte la partie est d'Alep qui leur échappe depuis 2012. Elles contrôlent l'ouest de cette cité au riche passé historique et qui est devenue un enjeu majeur de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis 2011. Les forces du régime «entendent combiner bombardements aériens et famine résultant du siège pour obtenir une reddition des rebelles», estime Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie et professeur à l'université d'Edimbourg, en Ecosse.

Les écoles d'Alep-Est ont annoncé dans un communiqué qu'elles suspendaient les cours samedi et dimanche, «pour la sécurité des élèves et des enseignants après les frappes aériennes barbares». Les structures de secours ont aussi été durement affectées par cette pluie de bombes, plongeant les 250.000 habitants qui résideraient encore dans les quartiers est dans une situation de plus en plus dramatique.

Le dernier hôpital pédiatrique évacué

Vendredi, un bombardement sur le quartier rebelle de Maadi a mis hors service un des derniers hôpitaux d'Alep-Est après l'avoir détruit partiellement. Deux patients ont été tués et des infirmiers blessés, a indiqué une source médicale. Par ailleurs, le dernier hôpital pédiatrique encore en fonction a été évacué vendredi après avoir été endommagé deux jours plus tôt par des barils d'explosifs, a indiqué à l'AFP l'ONG Association des docteurs indépendants (ADI), qui gère l'établissement. Un centre des Casques blancs, ces secouristes en zone rebelle, a été complètement dévasté à Bab al-Nayrab et ses véhicules complètement détruits, a constaté le correspondant de l'AFP. 

A Berlin, les principaux dirigeants européens et le président américain Barack Obama avaient appelé vendredi à «l'arrêt immédiat» des attaques contre le secteur rebelle d'Alep, où les habitants souffrent par ailleurs de faim en raison d'un siège de plus de quatre mois imposé par le régime du président Assad.

Plus de 300.000 morts depuis 5 ans

La Russie, qui intervient en Syrie depuis plus d'un an pour soutenir le régime, ne participe pas aux bombardements aériens sur Alep-Est. Mais elle mène depuis mardi des frappes sur la province voisine d'Idleb (nord-ouest), contrôlée par une alliance de rebelles et de jihadistes. Selon des analystes, Damas et ses alliés veulent aller vite avant la prise de fonction de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier.

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La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression dans le sang par le régime de manifestations réclamant des réformes. Elle s'est complexifiée au fil des années avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes et a fait plus de 300.000 morts.