Syrie: Alep déchirée par de violents combats dès la fin de la trêve

SYRIE Le cessez-le-feu a été trop fragile pour permettre à l'ONU d'évacuer des blessés des quartiers rebelles...

M.C. avec AFP

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De la fumée s'élève d'un endroit désigné comme corridor humanitaire à Alep, le 20 octobre 2016.
De la fumée s'élève d'un endroit désigné comme corridor humanitaire à Alep, le 20 octobre 2016. — GEORGE OURFALIAN / AFP

La trêve « humanitaire » à peine expirée, les combats ont repris à Alep. Le cessez-le-feu de trois jours décrété par la Russie et le régime syrien dans cette ville du nord de la Syrie déjà ravagée par des mois de bombardements a été trop fragile pour permettre à l’ONU d’évacuer des blessés des quartiers rebelles, faisant craindre une catastrophe humanitaire.

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Ce court répit dans les affrontements, qui a pris fin samedi à 17h, heure française, n’a pas permis à l’ONU d’évacuer 200 blessés bloqués dans les quartiers Est assiégés depuis juillet par Damas et ses alliés, qui avaient besoin de sortir d’urgence. Les Nations unies, qui avaient réclamé une prolongation du cessez-le-feu jusqu’à lundi, ont évoqué des conditions de sécurité insuffisantes.

Personne n’a utilisé les couloirs d’évacuation

Par ailleurs, les huit corridors établis par la Russie pour permettre aux habitants et aux rebelles qui le souhaitent de quitter les quartiers Est sont restés déserts. « Personne n’est sorti par les couloirs », a confirmé le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

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Les autorités russes et les médias étatiques syriens ont accusé les rebelles d’avoir empêché toute sortie, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov assurant que les combattants avaient recours « aux menaces, au chantage et à la force brute » pour bloquer les couloirs.

Tirs d’artillerie, combats et frappes aériennes

Peu après l’expiration de la trêve, de violents combats ont de nouveau éclaté entre les forces du régime et les rebelles. Des tirs d’artillerie, des combats ainsi que des frappes aériennes ont été signalés dans plusieurs quartiers de la deuxième ville de Syrie, devenue un enjeu majeur dans le conflit qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011.

Un correspondant de l’Agence France Presse dans les quartiers Est a confirmé avoir entendu des tirs d’artillerie secouant toute la zone. Trois personnes ont été blessées dans les zones rebelles, selon un premier bilan de l’OSDH.