Syrie: La trêve à Alep prolongée jusqu’à samedi soir, Paris et Berlin n’excluent pas des sanctions contre la Russie

SYRIE Des entretiens musclés ont eu lieu à Berlin entre Vladimir Poutine, Angela Merkel et François Hollande…

20 Minutes avec AFP

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Photo prise le 8 octobre 2016 du quartier d'Awijah à Alep, en Syrie.
Photo prise le 8 octobre 2016 du quartier d'Awijah à Alep, en Syrie. — AFP

La « pause humanitaire » peut-elle durer en  Syrie ? Le président russe a en tout cas accepté de prolonger la trêve à Alep jusqu’à samedi soir, se ralliant ainsi à une promesse de l’armée syrienne. « La Russie a dit à l’ONU qu’elle va instaurer une pause de 11 heures par jour pendant trois jours, à compter d’aujourd’hui jeudi », a précisé Jens Laerke, le porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaire de l’ONU (Ocha).

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« Nous avons fait part de notre intention de prolonger autant que possible, en fonction de la situation réelle sur le terrain, l’arrêt de nos frappes aériennes », a déclaré dans la nuit Vladimir Poutine, à l’issue des pourparlers dans la capitale allemande. Il s’exprimait alors que les habitants des quartiers rebelles d’Alep se préparent à vivre jeudi une courte trêve « humanitaire », préparée par une pause de 24 heures des raids aériens.

Une pause de seulement quelques heures « n’aurait pas de sens »

Selon l’armée russe, cette « pause humanitaire » devant permettre l’évacuation de civils et de combattants désirant quitter les quartiers rebelles, dans l’est d’Alep, devait entrer en vigueur à 7h, heure française, et durer en l’état onze heures, soit trois de plus que programmé initialement. L’armée syrienne a toutefois indiqué mercredi soir que cette trêve durerait trois jours, les 20, 21 et 22 octobre, et s’étendrait de 7h à 15h, selon l’agence officielle Sana. A Berlin, Vladimir Poutine est resté prudent, se gardant de donner une indication de durée pour la possible extension.

« Pour nous, aussi longtemps qu’il est possible », a exhorté pour sa part le chef de l’Etat français François Hollande après l’entrevue, en jugeant qu’une pause de seulement quelques heures « n’aurait pas de sens ». En l’état, la trêve est « suffisante » pour évacuer seulement 200 blessés, a ainsi estimé l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Discussions tendues

« Nous sortons de cet entretien avec l’impression qu’il peut y avoir une prolongation de la trêve mais c’est au régime syrien et à la Russie d’en faire la preuve », a ajouté François Hollande.

Ces discussions ont été plus que franches. Le président français est allé jusqu’à qualifier de « crimes de guerre » les frappes russo-syriennes sur les quartiers de l’est d’Alep, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel en dénonçait le caractère « inhumain ». Elle a parlé d’une conversation « claire et dure » avec Vladimir Poutine. Le chef de l’Etat français a évoqué, lui, des échanges « directs ». « Nous nous sommes dit des choses », a-t-il souligné. Tous deux n’ont pas exclu des sanctions à l’égard de la Russie suite aux bombardements contre les civils dans la deuxième ville syrienne.