VIDEO. «L'enfer sur Terre»: Le plus grand hôpital d'Alep détruit par les raids

SYRIE Le secteur rebelle d’Alep a été privé ce lundi de son plus grand hôpital, complètement détruit par des raids...

L.B. avec AFP

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Un membre du personnel médical inspecte les dégâts sur le site d'un centre médical frappé, en octobre 2016, dans le nord d'Alep. Illustration
Un membre du personnel médical inspecte les dégâts sur le site d'un centre médical frappé, en octobre 2016, dans le nord d'Alep. Illustration — THAER MOHAMMED / AFP

L’hôpital n’a pas résisté et la prise en charge des blessés est de plus en plus précaire. Le secteur rebelle d’Alep a été privé ce lundi de son plus grand hôpital, complètement détruit par des raids menés dans le cadre d’une vaste offensive que mène le régime depuis onze jours sur cette deuxième ville de Syrie avec le soutien de la Russie.

« Parfois, on doit opérer des gens à même le sol. Nous ne sommes pas assez nombreux. Je ne sais même pas comment décrire ça », raconte un médecin auprès d’Europe 1. Il explique craindre d’être la prochaine cible de bombardements. « Si notre hôpital est bombardé, alors il n’y aura plus assez d’endroits pour soigner les civils », reprend-il.

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L’enfer sur Terre

Dans le secteur rebelle de la ville septentrionale d’Alep, décrit comme « l’enfer sur Terre » par l’ONU qui évoque « la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue en Syrie », le plus grand hôpital a été complètement détruit par des raids. Moscou s’est félicité de la « grande efficacité » de ses frappes, démentant tout bombardement d’hôpital ou d’école malgré les accusations des Occidentaux. « L’hôpital a été visé directement par des raids aériens », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« L’hôpital M10, le plus grand d’Alep-Est, (…) a été détruit, et n’est plus en service de manière permanente », a tweeté pour sa part Adham Sahloul, de SAMS (Syrian American Medical Society), une ONG médicale qui soutient l’hôpital.

D’après SAMS, le bombardement a fait trois morts parmi les employés de maintenance de l’hôpital, connu sous le nom de code M10 pour des raisons de sécurité. L’OSDH rapporte de son côté la mort confirmée de deux employés, « un troisième se trouvant encore sous les décombres ».

M10 a été visé à plusieurs reprises par des raids aériens, notamment samedi.

Les pourparlers suspendus entre Washington et Moscou

Les tensions sont de plus en plus vives entre Washington et Moscou. Quelques jours après que Moscou eut accusé Washington de « protéger » l’organisation djihadiste Front Fateh al-Cham (ex Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaida), le Pentagone a annoncé une frappe aérienne américaine ayant visé lundi un membre « important » d’Al-Qaida en Syrie près d’Idleb (nord-ouest). Le Pentagone ne précise pas s’il a été tué et ne dévoile pas son identité mais sur les réseaux sociaux on donne la mort d’Ahmed Salama Mabrouk, un Egyptien plus connu sous son nom de guerre Abou Faraj. Peu après cette annonce, Washington a fait état de la suspension de ses pourparlers avec Moscou sur le cessez-le-feu en Syrie.