Une image d'Alep sous les décombres prise le 24 septembre 2016
Une image d'Alep sous les décombres prise le 24 septembre 2016 — Uncredited/AP/SIPA

CONFLIT

VIDEO. Syrie: Alep sous les bombes, la Russie en accusation à l'ONU

L’ambassadrice américaine Samantha Power a eu des mots très durs pour Moscou, parrain avec Washington du processus diplomatique en Syrie...

Le cauchemar n’est pas terminé. Les pays occidentaux ont mis Moscou en accusation dimanche au Conseil de sécurité de l’ONU, réuni d’urgence à New York, alors qu’Alep continuait d’être bombardée sans relâche par les avions du régime syrien et de son allié russe. Le Conseil se réunissait à la demande des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France.

Ces pays veulent stopper l’offensive aérienne lancée vendredi par le régime et la Russie pour faire tomber les quartiers insurgés d’Alep, ce qui marquerait un coup d’éclat pour Damas dans le conflit.

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« C’est de la barbarie »

L’ambassadrice américaine Samantha Power a eu des mots très durs pour Moscou, parrain avec Washington du processus diplomatique en Syrie actuellement dans l’impasse. « Ce que la Russie soutient et fait (à Alep), ce n’est pas de la lutte anti-terrorisme, c’est de la barbarie », a-t-elle lancé, rejetant ainsi le principal argument russe.

Moscou « abuse du privilège historique » d’être membre permanent du Conseil avec droit de veto, a-t-elle affirmé. « L’histoire ne sera pas tendre avec les pays du Conseil qui restent silencieux face à ce carnage. » Son homologue russe Vitali Tchourkine a répété les conditions posées par Moscou, notamment la nécessité de séparer opposition modérée et groupes extrémistes comme le Front al-Nosra.

Il a rejeté la responsabilité de l’impasse sur la coalition internationale conduite par Washington : « des centaines de groupes ont été armés, le pays a été bombardé sans discernement », a-t-il dit. « Dans ces conditions ramener la paix est désormais une tâche presque impossible. »

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« Des crimes de guerre sont commis »

Mais il n’a pas fermé la porte à un rétablissement de la trêve ; « c’est l’objectif de nous aimerions avoir, de même que la reprise de négociations ». Mais à condition, a-t-il ajouté, qu’il s’agisse d’un effort « collectif » et pas seulement de la part de Moscou. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exhorté les grandes puissances à redoubler d’efforts pour « mettre fin au cauchemar » en Syrie, dénonçant « de nouveaux niveaux de barbarie ».

« Des crimes de guerre sont commis » à Alep et ils « ne peuvent pas rester impunis », a affirmé l’ambassadeur français François Delattre. Il a accusé Damas et Moscou de poursuivre une solution militaire en Syrie et de se servir des négociations comme d’un « écran de fumée ». L’ambassadeur britannique Matthew Rycroft a évoqué une saisine de la Cour pénale internationale, compétente pour les crimes de guerre. La dernière tentative du Conseil pour le faire s’était soldée par un veto russe.