Syrie: Nouvel échec de la diplomatie mondiale, les bombardements s'intensifient

PROCHE-ORIENT Washington et Moscou n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un trêve...

20 Minutes avec AFP
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La ville syrienne d'Alep sous les bombes, le 22 septembre 2016.
La ville syrienne d'Alep sous les bombes, le 22 septembre 2016. — AP/SIPA

Un échec sur tous les fronts. L’armée syrienne a lancé jeudi soir une offensive majeure contre la partie rebelle de la ville d’Alep, soumise cette semaine à un déluge de feu, sans que la communauté internationale réussisse à imposer une trêve des combats.

Alep est un objectif stratégique crucial dans la guerre qui ravage la Syrie depuis plus de cinq ans et le régime veut reconquérir le secteur oriental de l’ancienne capitale économique, qui lui échappe depuis 2012.

Jean-Marc Ayrault monte au créneau

L’annonce de cette offensive militaire a coïncidé avec une réunion internationale à New York visant à rétablir un cessez-le-feu imposé par un accord à Genève le 9 septembre entre Moscou et Washington, mais qui a volé en éclats lundi.

« La question dorénavant est de savoir s’il reste une véritable chance d’avancer parce qu’il est clair que nous ne pouvons pas continuer plus longtemps sur cette voie », a reconnu le secrétaire d’Etat américain John Kerry, concédant l’échec de la réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). « Le seul moyen (d’avancer) est que ceux qui ont la force aérienne dans ce conflit cessent de l’utiliser », a martelé Kerry, en référence aux aviations de Damas et de son allié russe.

« Nous exigeons que l’aviation syrienne reste clouée au sol. Et la réponse des Russes n’est pas satisfaisante », a renchéri son homologue français Jean-Marc Ayrault, fustigeant un « régime qui continue en dépit de tout respect de la loi internationale de massacrer son peuple ».

Plusieurs quartiers en feu

Alep a subi depuis mercredi un déluge de bombes, et plusieurs quartiers de la partie orientale de la ville, contrôlée par les rebelles, étaient en feu jeudi. « Les raids ininterrompus la nuit dernière ont été si violents que c’est vraiment indescriptible », a affirmé à l’AFP Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole des « Casques blancs », des sauveteurs bénévoles. Selon des militants antirégime du Aleppo Media Center, des « bombes au phosphore » ont été utilisées.

Dans le communiqué sur son offensive, l’armée syrienne a appelé « les habitants à s’éloigner des positions des groupes terroristes » et assuré que les citoyens des quartiers rebelles qui se présenteraient à ses points de contrôle sur la ligne de démarcation ne seraient pas arrêtés.

« Il s’agit d’une large offensive terrestre appuyée par les frappes des avions russes dans le but de prendre petit à petit le secteur est d’Alep et le vider de ses habitants », a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). D’après lui, de violents combats se déroulent à la périphérie sud de la métropole entre les deux bords.