Syrie: Un convoi humanitaire touché par des raids, au moins 20 morts

PROCHE-ORIENT Jean-Marc Ayrault condamne l'acte «avec la plus grande fermeté» et John Kerry accuse directement Damas...

P.B. avec AFP

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Image non-authentifiée du convoi humanitaire touché par des raids en Syrie, le 19 septembre 2016, relayées par CNN Turk.
Image non-authentifiée du convoi humanitaire touché par des raids en Syrie, le 19 septembre 2016, relayées par CNN Turk. — DR

La trêve s’est terminée dans le sang. Environ 20 personnes ont été tuées en Syrie lundi soir, dans des raids qui ont touché des camions d’aide humanitaire, a annoncé mardi la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

« Environ vingt civils et un membre du personnel du Croissant-Rouge syrien ont été tués, alors qu’ils déchargeaient une aide humanitaire vitale des camions. Une grande partie de l’aide a été détruite », a expliqué la FICR dans un communiqué.

Chaos

Au total, au moins 32 civils ont été tués à Alep et sa province lors de « raids intensifs » dans la soirée, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Six civils, parmi lesquels un enfant, ont été tués dans la ville d’Alep, 22 autres dans l’ouest de la province, dont 12 bénévoles du Croissant rouge et conducteurs de camions d’aide humanitaire touchés à Orum al-Koubra, et quatre enfin dans l’est de la province, a précisé l’OSDH dans un communiqué, faisant aussi état de dizaines de blessés.

« Nous avons malheureusement reçu une nouvelle dramatique sur une attaque contre une structure du Croix rouge syrien dans la campagne près d’Alep », a déclaré de son côté à l’AFP Ingy Sedky, porte-parole du Comité international de la Croix rouge.

« La situation sur le terrain est très chaotique et nous sommes profondément choqués que des missions et des travailleurs humanitaires aient à souffrir de nouveau de la brutalité de ce conflit », a-t-elle ajouté.

Damas et Moscou accusés

Dans la nuit, l’ONU a confirmé l’attaque mais pas son origine, précisant que 18 des 31 camions avaient été touchés. Mardi, l’ONU a suspendu ses convois humanitaires en Syrie, a annoncé mardi un porte-parole.

« Tous les convois sont suspendus en attendant une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire » en Syrie, a déclaré à Genève le porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Jens Laerke. Le convoi touché lundi transportait notamment de l’aide de l’ONU, a-t-il précisé lors d’un point-presse.

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L’observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme d’information associé à l’opposition syrienne, a accusé Damas ou Moscou d’être derrière le raid survenu quelques heures après l’annonce de la fin de la trêve par le régime d’Assad.

Dans une vidéo publiée par le groupe d’opposition Syria Civil Defence (attention, les images sont choquantes et montrent de nombreux cadavres), un travailleur humanitaire déambule dans un champ de ruines. Des images non-authentifées relayées par CNN Turk montrent les restes de camions en flammes, complètement détruits.

Réunion de crise

En voyage en Arabie Saoudite, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a directement accusé Damas : « Les Russes doivent contrôler Assad, qui de toute évidence bombarde sans discriminer, y compris les convois humanitaires ». Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a également condamné « avec la plus grande fermeté » les raids.

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L’armée syrienne a démenti mardi que son aviation ait visé le convoi humanitaire, a indiqué l’agence officielle Sana. « Il n’existe aucune vérité dans les informations de presse selon lesquelles l’armée syrienne a pris pour cible un convoi d’aide humanitaire dans la province d’Alep », affirme une source militaire citée par l’agence.

« L’aviation russe ou syrienne n’a mené aucune frappe aérienne sur un convoi humanitaire de l’ONU au sud-ouest d’Alep », a déclaré le ministère russe de la Défense, cité par les agences russes. Le Kremlin avait précédemment indiqué que l’armée russe menait l’enquête sur cet incident.

Une réunion internationale sur la Syrie présidée par les Etats-Unis et la Russie pour tenter de sauver ce qui reste du processus diplomatique s'est ouverte ce mardi à New York.

Le groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui rassemble 23 pays et organisations internationales, va tenter de remettre sur les rails la trêve décidée le 9 septembre par Washington et Moscou.