Une semaine après être entrée en vigueur, la trêve en Syrie reste très fragile
Une semaine après être entrée en vigueur, la trêve en Syrie reste très fragile — ABD DOUMANY / AFP

GUERRE

Syrie: Violée plusieurs fois, la trêve prend fin ce lundi soir, peut-être pour longtemps

La trêve en Syrie a été fragilisée par la dégradation des relations entre Moscou et Washington. L'aide humanitaire prévue pour Alep n'est pas arrivée...

L'armée syrienne a déclaré ce lundi la «fin» de la trêve des opérations militaires qu'elle avait décrétée le 12 septembre pour sept jours Entré en vigueur il y a une semaine à l’initiative de la Russie et des Etats-Unis, le cessez-le-feu en Syrie se termine donc ce lundi à 19 h (18 h heure française).

« Nous ne savons pas si la trêve sera prolongée par la suite », a indiqué un haut responsable, qui ne souhaite pas être identifié.

Discorde entre les Etats-Unis et la Russie

La trêve en Syrie a été fragilisée par la dégradation des relations entre Moscou et Washington après les frappes meurtrières de la coalition conduite par les Etats-Unis contre l’armée syrienne dans la région de Deir Ezzor, dans l’est du pays.

Le président syrien Bachar al-Assad a accusé lundi les Etats-Unis d’avoir commis une « agression flagrante » contre son pays en menant samedi un raid contre son armée à Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie.

« Chaque fois que l’État syrien avance sur le terrain et dans le processus de réconciliation nationale, les États qui nous sont hostiles accroissent leur soutien aux organisations terroristes. Le dernier exemple, c’est l’agression flagrante américaine sur une position de l’armée syrienne à Deir Ezzor au profit du groupe terroriste Daesh ».

Les quartiers rebelles d’Alep, ville du nord de la Syrie devenu enjeu majeur du conflit, ont également été frappés par des raids aériens dimanche, un sérieux accroc au cessez-le-feu.

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Moscou charge le Pentagone

La trêve en Syrie « n’a pas de sens » après les violations répétées du cessez-le-feu par les rebelles et l’incapacité des États-Unis à coopérer, a estimé lundi le général de l’armée russe Sergueï Roudskoï lors d’un briefing à Moscou.

Fustigeant les États-Unis, qui n’ont pas « de levier efficace pour peser sur l’opposition en Syrie », le général russe a estimé que « compte tenu du fait que les rebelles ne respectent pas le régime de cessez-le-feu, son respect unilatéral par les forces gouvernementales syriennes n’a pas de sens ».

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Dans une nouvelle charge contre le Pentagone, le haut responsable de l’état-major russe a accusé « les Etats-Unis et les rebelles qu’elles contrôlent, la soi-disant opposition modérée, de n’avoir respecté aucun des engagements prévus par l’accord de Genève » du 9 septembre trouvé entre Moscou et Washington. La Russie accuse ainsi les rebelles d’avoir violé la trêve « 302 fois ».

L'aide alimentaire non-délivrée

« Plus important, l’opposition modérée n’a pas pris ses distances avec le Front al-Nosra », a ajouté le général russe. « La partie russe observe non pas une séparation sur le terrain entre l’opposition et le Front al-Nosra mais au contraire une alliance et une préparation en cours pour une offensive conjointe », a affirmé le général Roudskoï.

La Russie et les Etats-Unis se rejettent par ailleurs la responsabilité du non-acheminement de l’aide humanitaire à Alep, affamé par un siège, en accusant les rebelles ou le régime de ne pas vouloir reculer de la route stratégique de Castello par où doivent passer les camions chargés de vivres et de médicaments de l’ONU.

La guerre en Syrie qui a débuté en 2011 après la répression sanglante de manifestations prodémocratie a fait plus de 300 000 morts et poussé des millions de personnes à l’exil.