Syrie: Toujours plus d'hôpitaux bombardés en zone rebelle, le cri d'alarme d'une ONG

HUMANITAIRE L'Union des organisations de secours et de soins médicaux a lancé un « appel au secours » sur les réseaux sociaux...

20 Minutes avec AFP
Une maternité de l'ONG Save The Children, dans la province d'Idleb,  bombardée le 29 juillet 2016.
Une maternité de l'ONG Save The Children, dans la province d'Idleb, bombardée le 29 juillet 2016. — AP / SIPA

Les bombardements d’hôpitaux par le régime syrien et son allié russe se sont encore intensifiés ces derniers jours en Syrie. Notamment à proximité d’un hôpital qui a été visé chaque jour la semaine dernière en zone rebelle, a annoncé ce lundi une ONG syrienne.

« Les bombardements d’hôpitaux et d’établissements médicaux s’intensifient », s’est alarmée dans un communiqué publié à Paris l’Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM), une ONG rassemblant des médecins de la diaspora syrienne et opérant dans les zones rebelles.

« Ce week-end encore, trois hôpitaux et plusieurs établissements médicaux ont été touchés par les attaques aériennes. En une semaine, il y a eu près d’un hôpital bombardé tous les jours », a dénoncé l’UOSSM.

Une maternité bombardée

Dimanche, un hôpital de fortune à Jassem dans la province méridionale de Deraa a été visé, ainsi que la clinique Hoor à l’ouest d’Alep, et un centre médico-légal à Alep même.

Samedi, c’est l’hôpital d’Anadan (nord-ouest d’Alep) qui a été touché par une attaque aérienne.

Vendredi, c’est une maternité de l’ONG Save the Children qui avait été bombardée à Kafr Takharim, dans la province d’Idleb (nord-ouest).

Ce « week-end sanglant et meurtrier pour les hôpitaux en Syrie vient s’ajouter aux quatre hôpitaux bombardés la nuit du 23 au 24 juillet [les hôpitaux Al-Bayan, Al-Hakim, Al-Zahra, Al-Dakak ainsi qu’un centre de banque de sang] », toujours selon l’UOSSM.

« Des dizaines de civils tués »

« Le bilan est catastrophique, avec des dizaines de civils tués et de nombreux blessés qui affluent dans les hôpitaux de proximité, notamment à l’hôpital Bab Al-Hawa », principale structure sanitaire du nord-ouest du pays, gérée par l’UOSSM à la frontière avec la Turquie.

Les quartiers rebelles d’Alep sont totalement assiégés depuis le 17 juillet par les forces du président Bachar al-Assad. Aucune aide internationale n’a pu entrer depuis le 7 juillet dans ces secteurs, soumis à d’intenses bombardements de l’aviation du régime et de son allié russe.

Un « appel au secours » sur les réseaux sociaux

« Face à cette catastrophe sanitaire et humanitaire », l’UOSSM a lancé un « appel au secours » sur les réseaux sociaux, baptisée #SOSMedecinsAlep, une campagne qui « tarde cependant à se faire entendre dans un contexte extrêmement tendu et meurtrier ».

L’ONG a mis en ligne de courtes vidéos donnant la parole à des médecins et humanitaires à Alep, en Syrie, en Turquie, et dans le monde pour demander « l’arrêt immédiat des bombardements », la fin des « frappes ciblées sur les hôpitaux et les établissements de santé », et « la libre circulation du personnel médical dans la ville ».


« Loin d’être des dommages collatéraux, les professionnels de santé et les hôpitaux sont délibérément visés dans le cadre d’une stratégie militaire systématisée et largement utilisée », accuse encore l’UOSSM, qui fait état du chiffre « effrayant » de 80 établissements détruits et 81 personnels de santé tués dans ces attaques au premier semestre 2016.