Syrie: Comment fonctionne la coalition internationale contre Daesh

CONFLIT Cette alliance, pilotée par les Etats-Unis, se réunit à Washington pour prendre de nouvelles mesures contre le groupe Daesh…

Anne-Laëtitia Béraud

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Deux avions Mirage se préparent à décoller le 12 octobre 2015 en Jordanie
Deux avions Mirage se préparent à décoller le 12 octobre 2015 en Jordanie — Kenzo Tribouillard AFP

Depuis mercredi et jusqu’à ce jeudi soir, la trentaine de pays membres de la coalition internationale contre Daesh se retrouve à Washington pour prendre de nouvelles mesures à l’égard du groupe terroriste. L’organisation, opposée au régime du dictateur syrien Bachar al-Assad, a annoncé mercredi terrasser la « tumeur » djihadiste en Syrie et en Irak. Cette réunion survient alors même que la coalition est sous le feu des critiques après des bombardements ayant fait plusieurs dizaines de morts parmi les civils dans le nord de la Syrie, près de Minbej. Comment fonctionne cette coalition ? Quel rôle joue la France dans cette organisation internationale ? 20 Minutes fait le point.

Comment est née cette coalition et combien de pays en font partie ?

La coalition contre Daesh a été installée à l’été 2014, peu après la proclamation d’un califat par Bakr al-Baghdadi à cheval entre la Syrie et l’Irak. Pilotée par les Etats-Unis, elle comprend une trentaine de pays membres, dont l’Arabie saoudite, la France, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis, le Maroc, ou encore l’Australie, le Canada, la Belgique, la Jordanie et Bahreïn. Elle organise des missions politiques et des actions militaires.

Quels sont les effectifs de cette organisation ?

Les effectifs des troupes militaires évoluent. Les Etats-Unis fournissent le plus de militaires, et mènent environ 80 % des frappes aériennes, selon le Pentagone. Washington a annoncé le 11 juillet l’envoi de centaines de soldats supplémentaires en Irak. Ils devraient bientôt être plus de 4.600 militaires dans ce pays. Du côté du Royaume-Uni, le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a annoncé mercredi que Londres allait doubler le nombre de ses soldats en Irak, soit au total, 500 militaires instructeurs.

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Combien de frappes ariennes ont-elles été réalisées ?

Les militaires effectuent tant des opérations de renseignement que des frappes. Les bombardements visent prioritairement des centres de commandement ou de communication, des infrastructures, des dépôts d’armes, des centres de recrutement et d’entraînement, mais aussi des cibles mobiles, comme des blindés par exemple.

Depuis 2014, la coalition internationale a mené ans environ 14.000 frappes en Syrie et en Irak, selon Brett McGurk, l’émissaire spécial du président américain Barack Obama auprès de la coalition. Selon les Etats-Unis, le groupe terroriste aurait perdu la moitié des territoires conquis à son apogée en 2014 en Irak, et de 20 % à 30 % en Syrie. Comme dans tous les conflits, le risque d’erreur existe. La plus grosse bavure jamais commise par la coalition internationale contre Daesh a été commise dans la nuit du 18 au 19 juillet. Plusieurs dizaines de villageois dans les environs de Minbej, à 100 kilomètres au nord-est d’Alep, sont mortes dans des bombardements aériens. Les Etats-Unis ont reconnu avoir mené des frappes près de cette ville servant de point de passage à l’approvisionnement des régions contrôlées par Daesh, et assuré qu’ils allaient enquêter sur ces informations.

Que fait spécifiquement la France au sein de cette coalition ?

Après les Etats-Unis, la France est l’un des pays qui participe le plus à cette organisation. L’opération militaire française Chammal, déclenchée en septembre 2014 en Irak puis en Syrie, assure un soutien aérien aux forces combattant Daesh. En visite Jordanie le 19 avril, François Hollande a déclaré que « près de 4.000 vols français ont été conduits en Irak et en Syrie dans le cadre de l’opération Chammal ». Toujours en avril, l’état-major a fait état de près de 600 frappes réalisées par des Mirage basés en Jordanie et des Rafale stationnés aux Emirats arabes unis.

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La France mène des frappes aériennes quotidiennes, a expliqué mardi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sur France info. « Depuis que nous sommes dans la coalition, nous frappons tous les jours », a dit le ministre, précisant que des frappes françaises avaient eu lieu lundi soir « pas très loin de Mossoul ». La Francemènerait à peu près 12 % de toutes les frappes non américaines en Irak et en Syrie depuis 2014, a déclaré en novembre 2015 le colonel Steve Warren, un porte-parole militaire américain.

Les effectifs militaires français évoluent par ailleurs à la hausse. A l’automne, le porte-avions Charles de Gaulle va gagner la zone et plusieurs centaines de soldats, dont des forces spéciales, vont venir s’ajouter aux 1.000 militaires engagés dans l’opération Chammal.