Syrie: Indignation après le bombardement meurtrier d'un hôpital

SYRIE Au moins 53 civils ont été tués jeudi...

M.C. avec AFP
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Des habitants d'Alep marchent parmi les décombres après un bombardement, le 28 avril 2016.
Des habitants d'Alep marchent parmi les décombres après un bombardement, le 28 avril 2016. — AMEER ALHALBI / AFP

Une attaque «inexcusable» selon l'ONU. Alep, la deuxième ville de Syrie, située au nord du pays, a connu jeudi sa journée la plus meurtrière en une semaine avec 53 civils tués dans des bombardements. «Il faut que justice soit faite pour ces crimes», a déclaré jeudi le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon dans un communiqué. «Les attaques qui ciblent les civils sont des violations inacceptables des lois humanitaires», a-t-il ajouté.

Il a condamné les «récents bombardements aveugles par les forces gouvernementales et les groupes d'opposition, et des tactiques terroristes employées par des extrémistes», appelant tous les belligérants à «s'engager de nouveau immédiatement à cesser les hostilités».

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Les Etats-Unis se sont dits jeudi soir «scandalisés par les raids aériens sur l'hôpital Al-Quds, dans un quartier rebelle d'Alep». Médecins sans frontières, qui soutenait l'hôpital, a condamné cet acte «révoltant ayant encore visé un centre de santé en Syrie». Cet établissement était «le principal centre pédiatrique de la région», a précisé l'ONG. «La Russie a une responsabilité urgente pour faire pression sur le régime pour (...) qu'il arrête de s'en prendre aux civils, aux bâtiments médicaux et aux secouristes, et qu'il respecte pleinement le cessez-le-feu», a demandé le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Plus de 200 morts en une semaine

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'est dit très préoccupé par la situation à Alep où les bombardements ont fait plus de 200 morts et des centaines de blessés en une semaine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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Parmi les 53 civils qui ont péri durant la seule journée de jeudi, trente et un, dont trois enfants, ont été tués par des frappes aériennes du régime et 22 personnes, dont deux enfants, ont péri dans des bombardements rebelles, a précisé l'OSDH. «C'est la pire journée à Alep depuis cinq ans. Le régime n'a pas épargné un seul quartier», a affirmé un résident de la zone rebelle de Boustane al-Qasr. 

Le régime prépare une offensive sur la ville

Pour le Comité international de la Croix Rouge, Alep, divisée depuis 2012 entre des quartiers ouest tenus par le régime et des quartiers est sous contrôle des rebelles, est désormais «aux portes d'un désastre humanitaire». «Où que vous alliez, vous entendez les explosions de mortiers, les bombardements et le vol des avions», selon Valter Gros, le représentant du CICR dans la ville. «Les habitants vivent sur le fil du rasoir. Tous craignent pour leur vie».

Mais le régime a au contraire laissé entendre qu'il se préparait à lancer une offensive contre cette ville et la province du même nom. «Il est temps de lancer la bataille pour la libération complète d'Alep», a annoncé jeudi à Damas al-Watan, un quotidien bien informé et proche du pouvoir. «Ce n'est pas un secret que l'armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes», assure le journal. Le régime désigne par «terroristes» tous ses opposants armés.