Des raids du régime syrien font au moins 30 morts à Alep

CONFLIT Le dernier pédiatre exerçant dans les quartiers rebelles d’Alep, un dentiste et trois infirmiers ont notamment perdu la vie...

Clémence Apetogbor

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Un jeune garçon joue au football sur le toit d'un immeuble de Damas, en Syrie, le 28 février 2016, deux jours après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dans le pays.
Un jeune garçon joue au football sur le toit d'un immeuble de Damas, en Syrie, le 28 février 2016, deux jours après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dans le pays. — Hassan Ammar/AP/SIPA

Des raids menés par le régime syrien sur la ville d’ Alep durant la nuit de mercredi à jeudi ont fait 30 personnes, selon un nouveau bilan de la défense civile.

Les frappes ont visé un hôpital et un bâtiment résidentiel à Soukkari, un quartier rebelle dans le sud de la grande ville septentrionale.

Des corps impossibles à identifier

Cinq membres du personnel hospitalier et quinze autres civils ont trouvé la mort, selon les secouristes, les Casques blancs. Parmi eux figurent le dernier pédiatre exerçant dans les quartiers rebelles d’Alep, un dentiste et trois infirmiers.

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Ce jeudi matin, avant la reprise des raids, les secouristes ont trouvé 10 autres corps sous les décombres de l’hôpital Al Quds et de l’immeuble mitoyen. « Nous ne pouvons pas les identifier. Certains sont carbonisés, d’autres n’ont plus de tête ou ont le visage totalement défiguré », a indiqué à l’AFP un secouriste.

Des attaques « rebelles » meurtrières

Les raids aériens ont cessé quelques heures durant la nuit avant de reprendre jeudi vers 10h (9h à Paris), a constaté un correspondant de l’AFP à Alep. Dans le secteur gouvernemental de cette ville coupée en deux depuis juillet 2012, quatre personnes ont été tuées et quatre autres blessées dans les « attaques » rebelles, a indiqué l’agence officielle Sana.

Elle n’a pas précisé quel type d’attaques mais généralement les insurgés tirent des obus d’artillerie et des roquettes sur ces quartiers.

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« Un Syrien mort toutes les 25 minutes »

Mercredi, au moins 10 personnes, dont un enfant, avaient été tuées par des roquettes et des tirs de francs-tireurs dans les quartiers gouvernementaux, selon Sana. Après une pause dans les combats à la suite d’une trêve mise en place le 27 février par les Etats-Unis et la Russie, les combats et bombardements ont repris avec une intensité redoublée à Alep depuis vendredi, provoquant la mort de plus de 100 civils.

« Durant ces dernières 48 heures, un Syrien est mort toutes les 25 minutes », a dénoncé mercredi soir l’émissaire de l’ONU Steffan de Mistura, en avertissant que la trêve était « en grand danger ». Plus de 270.000 personnes ont été tuées et des millions forcées de quitter leur domicile depuis le début du conflit il y a cinq ans.