Syrie: Un enfant sur trois n'a connu que la guerre

CONFLIT L'Unicef estime que 1,4 milliard de dollars de fonds sont nécessaires en 2016 pour aider les enfants à retrouver leur dignité et leur bien-être...

20 Minutes avec agences
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Des enfants passent devant des immeubles détruits dans la zone rebelle de Douma, à l'est de Damas, le 17 novembre 2015 en Syrie.
Des enfants passent devant des immeubles détruits dans la zone rebelle de Douma, à l'est de Damas, le 17 novembre 2015 en Syrie. — ABD DOUMANY AFP

En Syrie, un enfant sur trois est né depuis que le conflit a débuté il y a cinq ans et a grandi dans un contexte « de violence, de peur et de déracinement », estime l’Unicef dans son rapport intitulé « Pas de place pour les enfants » publié ce lundi (en anglais).

Le conflit affecte aujourd’hui plus de 80 % des enfants syriens

Dans le détail, quelque 3,7 millions d’enfants sont ainsi nés depuis le 15 mars 2011, date du début de la révolte qui a dégénéré en une guerre civile. Parmi ces enfants, 151.000 sont nés dans les pays d’accueil de réfugiés syriens, essentiellement le Liban, la Jordanie et la Turquie.

Au total, le conflit affecte aujourd’hui plus de 80 % des enfants syriens, soit 8,4 millions, qu’ils soient en Syrie ou exilés, selon l’agence de l’ONU pour l’enfance.

 

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Cinq années de guerre ont profondément affecté les enfants syriens, qui ont « grandi trop vite », déplore alors l’Unicef. « N’importe quel enfant ayant vécu ces cinq dernières années n’aura jamais connu la Syrie dont se rappellent ses parents. Écoles, hôpitaux et parcs ont été réduits à l’état de ruines par les bombes », regrette encore l’agence de l’ONU pour l’enfance.

L’Unicef a recensé 1.500 « violations graves » perpétrées en 2015 contre des enfants

« Cinq ans après (le début de) la guerre, des millions d’enfants continuent d’abandonner l’école, et beaucoup d’entre eux sont forcés de travailler, tandis que les filles se marient tôt », précise Peter Salama, le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Le rapport de l’Unicef a recensé 1.500 « violations graves » perpétrées en 2015 contre des enfants, la plupart d’entre eux étant victimes « d’armes explosives ». Plus d’un tiers d’entre eux ont été tués à l’école ou alors qu’ils s’y rendaient.

 

 

Des impacts dévastateurs du conflit sur la santé mentale des plus jeunes

A noter également que l’agence de l’ONU se montre particulièrement préoccupée par le recrutement d’enfants de plus en plus jeunes par les différentes parties du conflit. Au début, il s’agissait surtout de garçons entre 15 et 17 ans, utilisés principalement dans des rôles de soutien derrière les lignes de front. Mais en 2015, plus de la moitié des recrues étaient âgées de moins de 15 ans, chargés du transport ou de la maintenance des armes.

Et alors que l’organisation de l’Etat islamique a diffusé plusieurs vidéos macabres montrant des enfants, parfois très jeunes, exécutant des prisonniers, l’ONG Save the Children exprime, elle, son inquiétude « concernant les impacts dévastateurs du conflit sur la santé mentale des plus jeunes ». De nombreux parents rapporteraient d’ores et déjà les comportements agressifs ou renfermés de leurs enfants.

 

 

Avec la trêve des combats, un fragile espoir se dessine

Dans ce contexte sombre, un fragile espoir se dessine depuis l’entrée en vigueur le 27 février de la trêve des combats, qui a précédé la reprise des négociations entre le régime et l’opposition ce lundi à Genève. Ainsi, des écoliers habitant des zones tenues par les rebelles à Alep, la deuxième ville du pays, auraient pu quitter les caves où ils suivaient les cours par peur des raids aériens.

Reste que pour l’Unicef, 1,4 milliard de dollars de fonds seraient nécessaires en 2016 pour aider les enfants à retrouver leur dignité et leur bien-être. Mais l’agence déplore n’avoir reçu que 6 % du financement requis.