La Syrie accuse Médecins sans frontières de travailler pour le renseignement français

SYRIE MSF a annoncé qu’un tir de missile a fait au moins 11 morts dans un hôpital dans le nord de la Syrie...

C. A. avec AFP

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Des syriens autour des ruines d'un hôpital soutenu par Médecins sans frontières (MSF), à Maaret al-Noomane, une zone rebelle dans la province d'Idleb, le 15 février 2016
Des syriens autour des ruines d'un hôpital soutenu par Médecins sans frontières (MSF), à Maaret al-Noomane, une zone rebelle dans la province d'Idleb, le 15 février 2016 — GHAITH OMRAN AL-MAARRA TODAY

La Syrie s’en est vertement pris à Médecins sans frontières, accusant directement l’association d’être au service du renseignement français.

Lundi, MSF a annoncé qu’un tir de missile a fait au moins 11 morts dans un hôpital soutenu par l’association dans la province d’Idlib, dans le nord de la Syrie.

MSF au service des renseignements français

« Ce prétendu hôpital a été installé sans la permission du gouvernement syrien par le soi-disant réseau français appelé Médecins sans frontières qui est une branche des services de renseignement français opérant en Syrie », a alors déclaré à la presse l’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar Jaafari.

« Ils assument toutes les conséquences de cet acte parce qu’ils n’ont pas consulté le gouvernement syrien », a-t-il ajouté.

Le vrai visage de Damas selon Paris

L’ambassadeur français François Delattre a immédiatement exprimé « sa condamnation la plus ferme des propos révoltants du représentant du régime de Damas, qui montre une fois de plus son vrai visage ».

L’ambassadeur de Syrie à Moscou avait quant à lui accusé lundi l’aviation américaine d’avoir « détruit » l’hôpital soutenu par MSF, tandis que Washington a mis en cause le régime syrien et son allié russe.

Bachar Jaafari a réitéré cette accusation contre Washington, affirmant que Damas dispose « d’informations crédibles » à ce sujet. « Il est plus facile de diffamer le gouvernement syrien ou nos alliés », a-t-il ajouté, à l’issue de consultations au Conseil de sécurité sur la situation en Syrie.

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Des attaques inacceptables

Juste avant ces consultations à huis clos, François Delattre avait réitéré la ferme condamnation par la France du bombardement de l’hôpital.

« Les attaques contre les structures de santé en Syrie par le régime ou ses soutiens sont inacceptables et sont constitutives de crimes de guerre », avait-il déclaré à des journalistes. « Dans ce cadre, il est essentiel pour la France que le Conseil de sécurité assume ses responsabilités, y compris pour la protection des infrastructures médicales ».