Syrie: Au moins 50 tués après des tirs de missile

SYRIE La tension monte entre les différents acteurs syriens et internationaux, présents dans le pays ravagé par la guerre depuis cinq ans...

20 Minutes avec agences

— 

Syrie: les hôpitaux "délibérément" ciblés (MSF)
Syrie: les hôpitaux "délibérément" ciblés (MSF) — Julie Charpentrat AFPTV

Des hôpitaux et des écoles qui ont été la cible de tirs de missiles en Syrie, faisant près de 50 morts, dont des enfants, et de nombreux blessés.

Selon l’ONU, des tirs de missiles ont « tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés » dans « au moins » cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib, dans le nord de la Syrie.

 

Ces attaques, qui ont touché notamment un hôpital soutenu par Médecins sans frontières, sont des « violations flagrantes du droit international » et « jettent une ombre sur les engagements pris par le Groupe de soutien international à la Syrie » sur une cessation des hostilités, a estimé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Des crimes de guerre selon Paris

La diplomatie française a jugé dans un communiqué que « les attaques contre les structures de santé en Syrie par le régime ou ses soutiens (…) sont constitutives de crimes de guerre ».

Ces bombardements, l’escalade entre la Turquie et la Russie, toutes deux impliquées militairement sur le terrain ainsi que l’avancée des Kurdes dans le nord où le régime syrien est aussi à l’offensive, augurent mal d’une trêve décidée par les grandes puissances et qui doit théoriquement entrer en vigueur à la fin de la semaine.

Un cessez-le-feu impossible ?

« Jusqu’à présent, ils (les grandes puissances) disent qu’ils veulent un cessez-le-feu d’ici une semaine. Qui est capable de réunir toutes ces conditions en une semaine ? Personne », a déclaré le président syrien Bachar al-Assad selon l’agence de presse syrienne SANA.

Les frappes de lundi contre des hôpitaux et des écoles étaient vraisemblablement russes, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

Washington a fustigé une nouvelle fois la « brutalité » du régime du président Assad et mis « en doute la volonté et/ou la capacité de la Russie à aider à l’arrêter ». Moscou mène depuis le 30 septembre une campagne de frappes aériennes en Syrie en soutien au régime d’Assad.

L’ambassadeur de Syrie en Russie a démenti toute implication russe dans le bombardement de l’hôpital de MSF, rejetant la responsabilité de la destruction sur les Etats-Unis. « L’aviation russe n’a rien à voir dans tout ça », a assuré Riad Haddad dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique russe Rossiya 24.

Le ton monte entre Moscou et Ankara

Washington a par ailleurs exhorté lundi la Russie et la Turquie à éviter toute escalade au moment où le ton devient de plus en plus acerbe entre Moscou et Ankara. Moscou a dénoncé les « actions agressives » de la Turquie en Syrie qui s’apparentent, selon elle, à un « soutien non voilé au terrorisme international ».

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a répliqué en accusant la Russie de se comporter « comme une organisation terroriste » en Syrie où elle mène, au même titre que les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), des « attaques barbares contre la population civile ». Si elle continue, « nous lui opposerons une riposte extrêmement résolue », a-t-il averti.