Frappes russes en Syrie: Moscou discute avec Washington et Paris qui doutent de ses intentions

SYRIE Rien n'a filtré de la première réunion entre Russes et Américains par vidéo-conférence...

M.C.

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De la fumée dans la province de Homs après un raid aérien russe, le 30 septembre 2015.
De la fumée dans la province de Homs après un raid aérien russe, le 30 septembre 2015. — Uncredited/AP/SIPA

Au deuxième jour des frappes russes sur la Syrie, qui font naître des inquiétudes sur les intentions réelles de Moscou et sur les risques de voir le conflit dégénérer entre les grandes puissances, militaires russes et américains se sont entretenus jeudi pour éviter un incident.

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Le ciel syrien étant encombré par les missions de la coalition d'une cinquantaine de pays pilotée par les Etats-Unis, les raids de l'aviation syrienne et désormais les Russes qui ont déployé plus de 50 avions et hélicoptères, Washington et Moscou ont eu jeudi, par vidéo-conférence, une première réunion entre militaires, a indiqué le Pentagone. Rien n'en a cependant filtré jeudi soir et «aucun nouveau rendez-vous» n'a été fixé, selon le ministère américain de la Défense.

Poutine reçu à Paris vendredi

Le président russe Vladimir Poutine, qui a décidé de lancer ces raids aériens mercredi, sera reçu vendredi à Paris par son homologue français François Hollande pour parler du conflit et de l'entrée en scène militaire de Moscou, alors que la polémique continue d'enfler sur les cibles de l'aviation russe en Syrie, Moscou affirmant viser Daesh, Washington et ses alliés soupçonnant la Russie de voler au secours de son allié Assad sous couvert de combattre le «terrorisme».

D'après la Défense russe, les djihadistes de Daesh ont été visés par trois séries de frappes dans la zone d'Idleb (nord-ouest) à Hama et Homs (centre). Les objectifs: des dépôts d'armes, un camp d'entraînement et des postes de commandement. Mais selon les Américains, les Européens et des rebelles syriens, l'action russe se concentre sur des groupes d'opposants armés qui menacent le régime de Damas, et pas exclusivement sur les djihadistes. «C'est Daech qu'il faut viser et pas d'autres», a ainsi réclamé le président Hollande jeudis.

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Balayant les critiques, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a réaffirmé à l'ONU que les frappes visaient «l'EI, Al-Nosra et d'autres groupes terroristes», comme, selon lui, les frappes de la coalition internationale.