ONU: Poutine s'en prend à Obama et Hollande sur le dossier syrien

MONDE Le président russe n'a pas exclu lundi de frapper Daesh...

Philippe Berry

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Le président américain Barack Obama trinque avec son homologue russe Vladimir Poutine lors d'un déjeuner organisé par le secrétaire général de l'ONU, le 28 septembre 2015 au siège new-yorkais de l'organisation
Le président américain Barack Obama trinque avec son homologue russe Vladimir Poutine lors d'un déjeuner organisé par le secrétaire général de l'ONU, le 28 septembre 2015 au siège new-yorkais de l'organisation — Amanda Voisard UNITED NATIONS

Il est de retour. Le président russe Vladimir Poutine n'a pas exclu lundi de frapper Daesh (groupe Etat islamique) en Syrie, en appui à son allié Bachar al-Assad, et il a accusé ses homologues américain et français de vouloir décider qui doit diriger ce pays ravagé par la guerre.

La Syrie monopolise l'Assemblée générale des Nations unies à New York et a été l'objet lundi d'une confrontation entre Vladimir Poutine et Barack Obama, qui se sont entretenus pendant une heure et demie au siège de l'organisation internationale.

Première rencontre depuis 2013

Cette rencontre officielle, la première depuis plus de deux entre les deux hommes, a été «constructive et (...) étonnamment ouverte», a confié Poutine lors d'une conférence de presse. «Selon moi, il existe une base de coopération sur nos problèmes communs», a-t-il dit, en russe. Il est ensuite revenu sur sa stratégie militaire et diplomatique pour la Syrie.

Interrogé sur les récentes frappes menées par la France et l'Australie, il a refusé de balayer une telle éventualité par ses forces armées qui renforcent leur présence depuis des semaines dans ce pays. «Nous y réfléchissons. Nous n'excluons rien. Mais si nous devons agir, ce sera uniquement en respectant complètement les normes de droit international», a déclaré le chef du Kremlin qui s'est replacé au centre du jeu diplomatique sur le conflit syrien.

Proposition de coalition

A la tribune des Nations unies, Poutine avait proposé lundi matin une coalition internationale élargie pour vaincre l'Etat islamique, en soutien à l'armée de Damas. Il avait aussi affiché son unité avec le président iranien Hassan Rohani, autre allié du régime syrien.

En revanche, le président Poutine a exclu d'envoyer en Syrie des troupes de combat au sol. «Nous réfléchissons à la manière d'aider davantage l'armée syrienne. (Mais) en ce qui concerne des troupes au sol (...) une implication russe ne peut pas faire l'objet de discussions», a déclaré le président russe, dont les propos étaient traduits en anglais.

Piques contre Obama et Hollande

Il ne s'est toutefois pas privé pour critiquer Barack Obama et François Hollande, qui appellent régulièrement au départ du président Assad, seule solution selon eux pour mettre sur pied une transition politique dans ce pays détruit par quatre ans et demi de chaos qui a fait plus de 240.000 morts.

«J'ai le plus grand respect pour mes homologues américain et français mais ils ne sont pas des ressortissants syriens et ne doivent donc pas être impliqués dans le choix des dirigeants d'un autre pays», a taclé M. Poutine devant la presse. Obama et Poutine ont étalé lundi leurs divergences sur la Syrie: l'Américain estimant que le président Assad est un «tyran», le Russe jugeant qu'il représente la seule autorité légitime pour lutter contre le groupe Etat islamique.