Crise des migrants: Le président syrien accuse l'Occident de duplicité sur les migrants

SYRIE Le président syrien critique l'Occident qui regettre l'afflux de réfugiés tout en soutenant les «terroristes»...

20 Minutes avec AFP

— 

Bachar Al-Assad le 4 mars 2015 en Syrie.
Bachar Al-Assad le 4 mars 2015 en Syrie. — AP/SIPA

Le président syrien Bachar al-Assad a accusé mercredi l'Occident de duplicité en pleurant sur le sort des réfugiés syriens tout en alimentant, selon lui, la guerre qui les pousse à l'exil. «C'est comme si l'Occident pleurait d'un oeil sur les réfugiés et du second les visait avec une arme», a déclaré le chef de l'Etat lors d'un entretien à des médias russes diffusé mercredi.

Retrouvez en direct les événements de ce mercredi 16 septembre alors que les migrants contournent la Hongrie pour rejoindre le nord de l'Europe.

«L'Occident (...) soutient les terroristes»

«L'Occident (...) soutient les terroristes depuis le début de la crise et (fait porter la responsabilité de ce qui se passe) sur le régime ou sur le président syrien», a-t-il souligné dans sa première réaction au drame des migrants qui affluent en Europe. Le régime de Damas désigne par le terme «terroristes» tous ses opposants: les dissidents politiques qui ont choisi la lutte pacifique, les rebelles qui ont pris les armes et les djihadistes dont ceux du groupe Etat islamique (EI). «Si l'Europe est tellement concernée par le sort des réfugiés, qu'elle arrête de soutenir le terrorisme», a martelé le président syrien. Nombre de pays européens soutiennent l'opposition «modérée» à Bachar Al-Assad mais luttent en revanche contre les djihadistes de l'EI.

VIDÉO.Migrants: Sur Internet, avalanche de fausses rumeurs et photomontages

240.000 personnes sont mortes en quatre ans et demi

Plus de 500.000 migrants ont traversé les frontières de l'Union européenne entre janvier et août de cette année, contre 280.000 en 2014, selon l'agence européenne Frontex. Une majorité vient de Syrie. La guerre dans ce pays a débuté par des manifestations pacifiques de citoyens demandant davantage de démocratie en 2011. Réprimées dans le sang par le régime de M. Assad, elles ont dégénéré en rébellion armée puis en guerre civile. Plus de 240.000 personnes sont mortes en quatre ans et demi.

Prochaines frappes françaises

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, détracteur de M. Assad, a estimé qu'un règlement du conflit constituait la seule solution pour endiguer le flot de réfugiés. «La solution (...) ne peut être de fermer la porte à ces gens ou de mettre des barbelés à la frontière. La vraie question est d'arrêter le conflit dans ce pays le plus vite possible», a-t-il déclaré, appelant une nouvelle fois «à faire tomber le régime du tyran».

Sur le front, l'Australie a mené mercredi sa première frappe contre l'EI en Syrie, détruisant un transport de troupes blindé des jihadistes. La France effectuera «dans les prochaines semaines» ses premières frappes aériennes contre l'EI en Syrie, a annoncé mercredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Mardi, il avait mis en garde contre la progression de cette organisation. «Aujourd'hui Daesh a progressé de telle sorte qu'elle menace à la fois l'Armée syrienne libre et la résistance syrienne dans la région d'Alep mais aussi, derrière l'axe Damas-Homs, le Liban si d'aventure Daesh arrivait à percer cette ligne», avait-il dit.