La Russie reconnaît la livraison d'armes à la Syrie

MONDE Il ne s'agit pas de fret humanitaire comme ça l'avait été évoqué...

M.P. avec AFP

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Au moins 600 hommes armés partis de Russie et d'Europe se battent actuellement en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine, mettant en garde l'Occident contre la livraison d'armes à l'opposition syrienne.
Au moins 600 hommes armés partis de Russie et d'Europe se battent actuellement en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine, mettant en garde l'Occident contre la livraison d'armes à l'opposition syrienne. — Olga Maltseva AFP

La présence russe en Syrie a bel et bien évolué ces derniers jours. Pour la première fois jeudi, Moscou a admis que ses vols à destination de la Syrie, survolant notamment la Bulgarie, transportaient aussi de l’équipement militaire, et pas seulement de l’aide humanitaire comme il l’affirmait jusque là. Mais dans le même temps, Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, a balayé les accusations venues de Washington d’un renforcement militaire russe auprès du régime de Damas. « La Russie ne prend actuellement aucune mesure supplémentaire » de renforcement de sa présence en Syrie.

Bientôt une « base aérienne avancée »

Si Moscou décide de renforcer sa présence en Syrie, ce sera uniquement « en accord avec nos lois, avec le droit international, avec nos obligations internationales et uniquement sur demande et avec l’accord du gouvernement syrien et des gouvernements des autres pays de la région », a assuré Sergueï Lavrov. La Russie « n’a jamais caché sa présence militaire en Syrie. Des experts militaires russes travaillent en Syrie, ils aident l’armée syrienne à apprendre à utiliser nos armes », a-t-il martelé, visiblement exaspéré.

>> La présence russe en Syrie met à mal l’équilibre diplomatique précaire

Officiellement, la Russie n’est présente en Syrie que grâce à ses installations logistiques militaires dans le port de Tartous, sur les bords de la Méditerranée. Mais des responsables américains ont confié ces derniers jours à l’AFP avoir observé à Lattaquié, dans le nord-ouest du pays, une dizaine de véhicules blindés de transport de troupes et des dizaines de soldats russes. Ces responsables ont également évoqué des bâtiments préfabriqués, près de l’aéroport Bassel al-Assad, pouvant abriter des centaines de personnes et du matériel de contrôle aérien.

Toujours selon ces responsables américains, l’arrivée de deux avions cargos géants Antonov 124 Condor et d’un avion de transport de passagers suggère la construction d’une « base aérienne avancée » à Lattaquié.

Poutine, l’alliée d’Assad

En début de semaine, la Bulgarie, à la demande des Etats-Unis, avait refusé à Moscou des autorisations pour que ses avions survolent son espace aérien, en émettant des doutes sur le contenu des cargaisons présenté comme du fret humanitaire. Après l’interdiction d’entrée dans l’espace aérien bulgare, les Russes ont finalement fait passer leurs avions vers la Syrie par l’Est, via le Caucase, l’Iran et l’Irak - un allié des Américains qui pourrait bien décider aussi de refuser ces vols.

Depuis plusieurs mois, Vladimir Poutine prône une double approche du conflit syrien : pousser les opposants syriens à unifier leurs positions pour négocier une sortie de crise politique avec Damas et créer une coalition militaire élargie à la Turquie, à l’Arabie saoudite et à l’armée régulière syrienne, pour combattre le groupe extrémiste État islamique. Cette initiative n’a pour le moment que peu de soutien.

Le président russe a en revanche toujours dit clairement qu’il n’était pas question, pour l’heure, que l’armée russe participe à des opérations militaires directes en Syrie.