Les Nations unies chargent des experts d'enquêter sur les attaques chimiques en Syrie

MONDE Ils devront identifier les responsables d’attaques au chlore…

A.Ch. avec AFP

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Vue générale d'Alep, une ville du nord de la Syrie, le 3 mars 2015
Vue générale d'Alep, une ville du nord de la Syrie, le 3 mars 2015 — Zein al-Rifai AMC

Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé vendredi à l'unanimité de former un groupe d'experts pour identifier les responsables de récentes attaques chimiques au chlore en Syrie. La Russie, alliée de Damas, a voté en faveur du texte. Washington, Londres et Paris accusent l'armée syrienne d'avoir mené ces attaques mais selon Moscou, il n'existe pas de preuve irréfutable de la culpabilité du régime syrien. La Syrie est censée avoir détruit tout son arsenal chimique, aux termes d'un accord américano-russe de septembre 2013 qui lui a permis d'éviter des frappes occidentales. Mais l'OIAC a conclu l'an dernier que du gaz de chlore avait été «systématiquement» utilisé dans le conflit syrien.

Premier rapport dans 90 jours

 La résolution crée un «mécanisme conjoint d'enquête» composé d'experts des Nations unies et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Ces experts devront «identifier dans toute la mesure du possible les individus, entités, groupes et gouvernements» qui ont organisé, parrainé ou commis ces attaques. Cette mission devra être formée dans un délai de 20 jours et durera un an, avec possibilité de la prolonger par une nouvelle résolution. Elle rendra un premier rapport dans les 90 jours après le début de son enquête. Le gouvernement syrien sera tenu de «coopérer pleinement» en permettant aux experts d'accéder aux sites des attaques, de recueillir des échantillons et d'interroger des témoins.

Les ambassadeurs américain et russe se sont félicités de cette démonstration d'unité du Conseil, paralysé par ses divisions depuis le début de la guerre en Syrie. L'Américaine Samantha Power a souhaité que «cette unité se manifeste aussi pour trouver d'urgence une solution politique» au conflit, qui a fait 240.000 morts depuis quatre ans et provoqué une catastrophe humanitaire.

La Syrie nie

Avant d'entrer en séance, son homologue russe Vitali Tchourkine a salué «un bon exemple de la volonté de coopérer et de la persévérance nécessaire pour obtenir un bon résultat». Mais il a estimé que la résolution devait «surtout avoir un effet préventif, pour mettre fin à l'utilisation dans l'avenir» d'armes chimiques en Syrie.

L'ambassadeur syrien Bachar Jaafari a réaffirmé de son côté que «l'armée syrienne n'a jamais utilisé et n'utilisera jamais d'armes chimiques». Il a accusé «des groupes terroristes affiliés à al-Qaïda» de l'avoir fait et a contesté l'impartialité de précédentes enquêtes de terrain menées par l'ONU et l'OIAC. Dans un communiqué, la Coalition nationale syrienne (opposition) a «souhaité que cette résolution (les) rapproche du moment où justice sera faite pour l'utilisation d'armes chimiques».