Le Hezbollah appelle à l'union sacrée contre Daesh

MONDE Le mouvement chiite libanais a reconnu combattre «partout en Syrie» aux côtés de l'armée...

M.C. avec AFP

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Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah s'exprime devant ses partisans en vidéo, à Beyrouth le 17 avril 2015.
Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah s'exprime devant ses partisans en vidéo, à Beyrouth le 17 avril 2015. — Bilal Hussein/AP/SIPA

Pour lui, la menace que représente Daesh «vise tout le monde». Le chef du Hezbollah chiite libanais a appelé dimanche à l'union sacrée au Moyen-Orient pour combattre le «danger existentiel» que représente le groupe djihadiste sunnite État islamique, en reconnaissant pour la première fois que son mouvement combat «partout en Syrie» aux côtés de l'armée.

«J'invite tout le monde au Liban et dans la région à prendre ses responsabilités face au danger que représente le projet "takfiri" (des groupes extrémistes sunnites), à sortir de l'hésitation et de la neutralité», a-t-il dit alors que les djihadistes de Daesh engrangent des victoires en Syrie comme en Irak.

Une guerre qui a fait 220.000 morts en quatre ans

Pour Hassan Nasrallah, qui intervenait sur un écran géant à Nabatiyé (sud), lors d'un rassemblement pour le 15e anniversaire du retrait israélien du Liban, «Aujourd'hui nous faisons face à un danger inédit dans l'histoire qui menace l'Humanité (...) Cette menace ne vise pas (spécifiquement) la résistance (le Hezbollah) au Liban, une confession particulière, le régime en Syrie, le gouvernement en Irak ou un groupe au Yémen. Le danger vise tout le monde. Personne ne doit faire la politique de l'autruche».

Le dirigeant a justifié tout au long de son discours la participation du Hezbollah aux côtés des forces du régime en Syrie contre la rébellion et les djihadistes dans une guerre qui a fait en quatre ans 220.000 morts.

L'implication du Hezbollah a accru les tensions confessionnelles au Liban

Un discours aussitôt critiqué par l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, leader du camp anti-Hezbollah: «Défendre le pays, la souveraineté et la dignité (du Liban) n'est pas de la responsabilité du Hezbollah, ni à Aarsal ni dans les montagnes (de la frontière) ni ailleurs», a-t-il dit, affirmant ne pas avoir besoin de prouver que son mouvement est hostile à l'EI.

L'implication du Hezbollah auprès de Damas a accru les tensions confessionnelles au Liban, qui accueille 1,1 million de réfugiés syriens. Les chiites du Liban sont largement en faveur du régime syrien alors que les sunnites appuient la rébellion.