Capture d'écran d'une video diffusée par l'EI montrant une rue de Palmyre le 21 mai 2015
Capture d'écran d'une video diffusée par l'EI montrant une rue de Palmyre le 21 mai 2015 — - WELAYAT HOMS

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Syrie: Que se passe-t-il à Palmyre depuis qu’elle est tombée aux mains de Daesh?

Alors que peu d’informations filtrent depuis mercredi, des vidéos postées sur Internet et des témoignages d’habitants permettent de se faire une idée de la situation sur place...

Depuis mercredi et la prise de la ville syrienne de Palmyre par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), peu d’informations filtrent sur ce qui s’y passe, qu'il s'agisse de la façon dont sont traités les 70.000 habitants que comptait la cité antique avant sa chute, ou des 50.000 déplacés y avaient trouvé refuge.

La bataille, déclenchée le 13 mai, a fait près de 500 morts et poussé des milliers d’habitants à la fuite, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Une vidéo postée sur YouTube par une chaîne proche de Daesh montre l’entrée de Palmyre avec une longue rue déserte, des positions abandonnées par l’armée et un drapeau de l’EI hissé sur un bâtiment. D’autres vidéos, postées sur le site de Daesh et reprises par la chaîne RT, montrent l’arrivée des combattants dans Palmyre.

Sur la première, on peut voir un groupe d’hommes, probablement des habitants sunnites, qui se regroupent autour de djihadistes qui patrouillent dans les rues. La caméra pénètre ensuite dans un bâtiment, où les visages des portraits de Bachar al-Assad et de son père ont été arrachés.

Dans la deuxième, les combattants sont d’abord sur le champ gazier T3, dont ils se sont emparés cette semaine, puis pénètrent et inspectent une maison abandonnée, où ils arrachent un portrait du président syrien et piétinent une bannière.

Si la communauté internationale craint pour les trésors archéologiques qui jouxtent la cité, menacés par les fondamentalistes qui ont déjà détruit d’autres sites en Irak (Nimroud, musée de Mossoul,…) aucune vidéo de ce type n’a encore été diffusée par l’EI. En revanche, il est certain que les populations civiles tombées sous la coupe des djihadistes sont aujourd’hui exposées aux multiples exactions que le groupe a déjà commises dans les autres territoires qu’il contrôle.

Dès jeudi, des rumeurs d’exécutions publiques massives ont commencé à circuler. Une information que confirme le New York Times. « Jeudi, après leur entrée dans la ville, les djihadistes ont commencé à exécuter ceux qu’ils estimaient proches du régime. De nombreux habitants se sont terrés chez eux et dans les sous-sols, effrayés par les combattants qui patrouillaient dans les rues », écrit Anne Barnard, qui a contacté des habitants, rencontrés il y a un an, qui lui ont rendu compte de la situation sur place.

« Les civils sont terrifiés »

« Les civils sont terrifiés. (…) La seule boulangerie est contrôlée par l’EI », lui explique ainsi Khaled al-Homsi, un membre du comité qui a organisé les premières manifestations anti-Assad dans la cité en 2011. L’article souligne ainsi que dans le peu de rues commerçantes de la ville, les rideaux de fer sont baissés.

Un commerçant, qui n’était pas à Palmyre lors de sa prise par Daesh, a indiqué au journal que ses parents, restés sur place, lui ont raconté que les djihadistes avaient fait passer un message via les haut-parleurs des minarets pour inciter les habitants à leur livrer les combattants loyalistes, mais aussi des civils accusés de collaboration avec le régime. Au même moment, les combattants ont commencé à travailler dans la ville. « Ils ont même donné du pain aux gens », a-t-il souligné.