Manifestation pour la Syrie à Paris: «Ni Assad, ni l'Etat islamique»

MONDE Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Paris à l'occasion du quatrième anniversaire du soulèvement en Syrie…

20 Minutes avec AFP

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Manifestation à Paris à l'occasion du 4e anniversaire du déclenchement de la guerre en Syrie, le 14 mars 2015.
Manifestation à Paris à l'occasion du 4e anniversaire du déclenchement de la guerre en Syrie, le 14 mars 2015. — DOMINIQUE FAGET / AFP

«Nous sommes tous avec vous, Syriens restez debout», scandaient ce samedi après-midi les manifestants dans les rues Paris. Dans l’après-midi, 700 personnes selon la police se sont rassemblées à l'appel de plusieurs ONG sur la place de la République, d'où elles ont gagné l'Hôtel de Ville.

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«Assad/Daech, même m...»

Des jeunes gens brandissaient un énorme drapeau de la révolution syrienne, d'autres esquissaient des pas de danse en reprenant les chansons des premières manifestations pacifiques contre le régime.

Le soulèvement populaire qui avait commencé le 15 mars 2011 s'est rapidement transformé en insurrection armée face à la répression implacable menée par le régime de Bachar al-Assad.

«Quatre ans après, nous voulons dire que la révolution continue», affirme Hassan Lababidi, l'un des organisateurs. «Assad et Daesh [l'une des appellations du groupe Etat islamique] sont les deux faces d'une même monnaie, la disparition d'Assad entrainera la disparition de l'Etat islamique, et non pas le contraire».

Rachad Abazied, une jeune activiste, distribue des autocollants sur lesquels est marqué «Assad/Daech, même m...»

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Plus de 210.000 victimes

«Nous reprenons un slogan lancé par des activistes pacifiques d'Alep», la grande ville du nord syrien, «pour dire qu'il n'y aura pas de liberté ni de démocratie si on ne débarrasse pas du monstre à deux têtes», affirme-t-elle.

L'opposition accuse le régime syrien d'avoir encouragé l'émergence des mouvements djihadistes, notamment le groupe de l'EI qui sème la terreur sur une partie du territoire syrien, pour montrer à l'Occident qu'il demeure la meilleure option.

«Le soulèvement était totalement pacifique à l'origine, mais le régime a provoqué sa militarisation», a assuré à l'AFP Monzer Makhous, ambassadeur de la coalition nationale syrienne (opposition) en France. «De plus, il a libéré quelque 900 extrémistes qui se trouvaient dans ses prisons et qui ont rejoint les rangs des organisations» jihadistes, «afin de dénaturer le soulèvement».

Plus de 210.000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement, et plus de 10 millions de Syriens ont été déplacés ou forcés à l'exil.

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