VIDEO. Syrie: 83% des lumières se sont éteintes depuis le début de la guerre

GUERRE Selon une étude chinoise, cette photographie d'un pays plongé dans le noir souligne les conditions de vie dramatiques de ce peuple ravagé par la guerre...

20 Minutes avec AFP

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Kobané, ville
de Syrie située à la frontière turque, le 28 février 2015. Par deux fois, l'Etat Islamique a tenté d'en prendre le contrôle
Kobané, ville de Syrie située à la frontière turque, le 28 février 2015. Par deux fois, l'Etat Islamique a tenté d'en prendre le contrôle — SIPANY

La Syrie plongée dans les ténèbres. L'image est forte et reflète les souffrances du peuple syrien. Ce pays ravagé par la guerre civile depuis quatre ans vit désormais quasiment sans lumière: 83% d'entre elles ne fonctionnent plus, dévoile une étude ce jeudi, réalisée en partenariat avec le collectif #withSyria.

 

En analysant des images satellite, des scientifiques de l'université de Wuhan en Chine ont découvert que «le nombre de lumières visibles sur la Syrie la nuit avait chuté de 83%» depuis le début de la guerre en mars 2011, a précisé une coalition de 130 organisations non gouvernementales dans un communiqué.

«La Syrie est entrée dans l'âge des ténèbres»

La ville d'Alep dans le nord est la plus touchée, avec 97% de ses lumières éteintes la nuit. «La Syrie est entrée dans l'âge des ténèbres, littéralement et métaphoriquement», a expliqué l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, aujourd'hui président de l'International Rescue Committee, membre de la coalition #withSyria.

L'utilisation par le président syrien Bachar al-Assad de barils d'explosifs contre son peuple, dans une guerre qui a fait plus de 200.000 morts, «fait revenir les efforts de paix et l'histoire de la guerre des siècles en arrière», a estimé David Miliband lors d'une conférence de presse téléphonique.

Des personnes déplacées et des coupures de courant

«Les données sur la lumière la nuit ne mentent jamais», a expliqué Xi Li, auteur de l'étude. «Davantage de lumières éteintes ça veut dire davantage de personnes déplacées (...), de destructions d'infrastructures et de coupures de courant».

«Prises à 800 kilomètres au-dessus de la Terre, ces images nous aident à comprendre les souffrances et les craintes expérimentées par les Syriens ordinaires chaque jour», a-t-il ajouté. Les exceptions sont les provinces de Damas, centre du pouvoir, et de Quneitra, près de la frontière israélienne, où respectivement 35% et 47% des lumières se sont éteintes la nuit.

Retrouvez la vidéo de cette extinction progressive des lumières du pays