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TrêveL’ONU négocie le passage de l’aide humanitaire au Soudan

Soudan : L’ONU négocie le passage de l’aide humanitaire avec les deux camps

TrêveLe conflit entre l’armée régulière et les paramilitaires dure déjà depuis trois semaines
Les Emirats arabes unis livrent des colis d'aide à l'aéroport de Port Soudan, le 5 mai 2023.
Les Emirats arabes unis livrent des colis d'aide à l'aéroport de Port Soudan, le 5 mai 2023. - Giuseppe CACACE / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Entre les émissaires de l’armée et les paramilitaires, un troisième camp discute de la trêve dans le conflit au Soudan. Le patron des affaires humanitaires de l’ONU est à la table des discussions ce dimanche en Arabie saoudite, pour obtenir le passage de l’aide humanitaire après trois semaines de combats meurtriers. Mercredi, c’est depuis le Soudan que Martin Griffiths appelait les deux généraux rivaux à prendre des « engagements spécifiques » à laisser entrer l’aide humanitaire et sortir les civils pris sous les feux croisés.

Dimanche, et comme chaque jour depuis le 15 avril, des combats résonnent partout dans Khartoum où les cinq millions d’habitants survivent, barricadés par peur des balles perdues, sans eau ni électricité et avec des réserves de nourriture et d’argent bientôt à sec. Alors qu’Américains et Saoudiens assurent que les belligérants négocient une trêve en Arabie saoudite, l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR) du général rival Mohamed Hamdane Daglo ne disent rien des discussions entre leurs émissaires.

L’Arabie saoudite et les Etats-Unis garants de la médiation

« La délégation de l’armée ne parlera que de la trêve et de comment la mettre correctement en œuvre pour faciliter les accès humanitaires », s’est borné à commenter le général Nabil Abdallah, porte-parole de l’armée. Les FSR n’ont, elles, rien dévoilé sur cette nouvelle médiation, après plusieurs « cessez-le-feu » brisés dans les secondes suivant leur annonce. De leur côté, Ryad et Washington « saluent » l’ouverture d’un dialogue et exhortent les belligérants à « s’impliquer activement » mais n’ont annoncé ni le début formel des pourparlers ni leur teneur. La guerre a déjà fait 700 morts, 5.000 blessés, 335.000 déplacés et 115.000 réfugiés.



Ryad, allié et bailleur de fonds des deux camps, et Washington, dont la levée des sanctions a ramené le Soudan dans le concert des nations en 2020, veulent prendre le pas sur les initiatives régionales. A la Ligue arabe, l’Egypte s’est greffée sur cette initiative conjointe en s’invitant dans un comité de liaison censé aboutir à un cessez-le-feu et des couloirs humanitaires sécurisés. Leur principal concurrent reste l’Igad, le bloc d’Afrique de l’est emmené par le président sud-soudanais Salva Kiir, médiateur historique au Soudan. L’Union africaine, elle, a perdu ses leviers de pression quand elle a suspendu le Soudan après le putsch de 2021, disent les experts.

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