Guerre en Ukraine : Pékin propose un « règlement politique » du conflit à Moscou, sans consulter Kiev

CONFLIT Retrouvez toutes les informations sur le conflit du mercredi 22 février 2023

D.R., X.R et O.O
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Vladimir Poutine s'est entretenu avec le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, à Moscou.
Vladimir Poutine s'est entretenu avec le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, à Moscou. — Anton Novoderezhkin/AP/SIPA

L'ESSENTIEL 

  • Le président américain Joe Biden rencontre mercredi à Varsovie le groupe de neuf dirigeants des pays de l'Otan d'Europe centrale et de l'Est, en présence du secrétaire général de l'Alliance atlantique, pour les assurer du soutien «indéfectible» de Washington face à Moscou au lendemain d'un discours belliqueux de Vladimir Poutine.
  • L'Assemblée générale de l'ONU se réunit à partir de ce mercredi à l'occasion de l'anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Kiev et ses alliés espérant recueillir le soutien le plus large à une résolution appelant à une paix «juste et durable».
  • Le nombre de réfugiés ayant fui l'Ukraine pour s'installer en France s'est stabilisé, malgré une vague de retours. Ils sont environ 100.000, dont 20.000 enfants scolarisés dans des établissements français. 

A VOIR

A LIRE



C'est la fin de ce live

Merci de nous avoir suivi, on se donne rendez-vous dès jeudi matin pour un nouveau live. 

19h30 : On rembobine

Si vous n'avez pas suivi l'actualité du jour, voici le récap' concocté par nos soins : 


19h01 : Le Shakhtar Donetsk veut rendre « fiers » les soldats ukrainiens en Ligue Europa

Le Shakhtar Donetsk veut rendre « fiers » les soldats ukrainiens qui se battent dans leur pays, à l’occasion du barrage retour de Ligue Europa jeudi à Rennes, a déclaré mercredi l’entraîneur Igor Jovicevic. Vainqueur 2-1 lors du match aller la semaine dernière délocalisé à Varsovie, le club ukrainien chassé de ses terres dès 2014 et désormais hébergé à Lviv, est en ballottage favorable pour atteindre les 8e de finale à la veille du premier anniversaire de l’invasion russe.

« On pense chaque jour à la guerre. Pendant les entraînements, pendant les matchs, nous portons une immense responsabilité envers notre pays, notre peuple et nos soldats qui se battent pour notre liberté », a expliqué Jovicevic devant la presse. « On voudrait les remercier chaque jour, 100 fois par jour, et on voudrait que, quand ils regardent le match, ils soient fiers de notre jeu, plus que du résultat », a-t-il ajouté. « Ce qui se passe sur le terrain, c’est un jeu. Là-bas, c’est la vraie vie. Alors on joue avec tout notre cœur, jusqu’au bout, jusqu’à notre dernier souffle », a insisté l’entraîneur croate, lié à l’Ukraine depuis plus de 20 ans et revenu au Shakhtar il y a six mois.

18h43 : La Hongrie votera début mars sur l’adhésion de la Finlande et de la Suède

Le Parlement hongrois se prononcera début mars sur l’adhésion à l’Otan de la Finlande et de la Suède, selon l’ordre du jour publié mercredi. La candidature des deux pays nordiques, qui doit être acceptée à l’unanimité par les 30 Etats membres de l’Otan, a été ratifiée par tous à l’exception de la Turquie et de la Hongrie.

Les députés hongrois débattront sur le sujet la semaine prochaine, avant un vote séparé pour chacun des deux pays entre le 6 et le 9 mars, a indiqué le Parlement sur son site Internet. L’échéance avait été repoussée à plusieurs reprises au motif d’un embouteillage législatif, et l’opposition accusait le gouvernement de Viktor Orban de traîner les pieds. Le Premier ministre nationaliste, un proche allié du président turc Recep Tayyip Erdogan, est en effet soucieux de maintenir des liens avec Moscou malgré la guerre en Ukraine.

18h35 : Pékin n’a pas consulté Kiev en préparant son plan de paix, dit un responsable ukrainien

Le gouvernement chinois n’a pas consulté Kiev en préparant son plan de paix en Ukraine, censé être rendu public cette semaine, a déclaré mercredi un haut responsable ukrainien. Pékin a promis de publier sa proposition de « solution politique » cette semaine, à temps pour le premier anniversaire du déclenchement de l’offensive russe en Ukraine le 24 février 2022.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, qui a rencontré son homologue chinois Wang Yi en Allemagne, a révélé mardi à Bruxelles que ce dernier lui avait « fait part des éléments-clés du plan de paix chinois ». « Nous attendons de recevoir ce texte pour l’étudier en détail, parce qu’on ne peut tirer de conclusions après seulement une présentation orale », avait ajouté Dmytro Kouleba. De son côté, le haut responsable ukrainien a prévenu mercredi qu’aucun plan de paix ne devrait franchir « les lignes rouges » fixées par Kiev, dont les concessions territoriales à la Russie qui occupe des territoires dans l’est et le sud de l’Ukraine, notamment la péninsule de Crimée.

18h18 : Zelensky enchaîne les rendez-vous téléphoniques

Dans la journée, le président ukrainien s’est entretenu avec les présidents pakistanais, estonien et ougandais. Une première dans l’histoire des relations bilatérales entre les deux pays pour ce dernier.




18h02 : La Chine a exposé à la Russie sa vision pour « le règlement politique » du conflit en Ukraine

« Les partenaires chinois nous ont fait part de leurs réflexions sur les causes profondes de la crise ukrainienne, ainsi que sur leurs approches pour son règlement politique », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, à l’issue du déplacement à Moscou du chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi. « Il n’a pas été question d’un "plan" (de paix) séparé », a-t-il toutefois relevé.

17h40 : L’Afrique du Sud défend ses exercices navals controversés avec la Russie

L’armée sud-africaine a défendu sa décision d’accueillir des exercices navals controversés avec la Russie et la Chine qui ont commencé mercredi peu avant le premier anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine et inquiètent les Occidentaux. « Il y a une différence entre le militaire et le politique », a déclaré le général Siphiwe Sangweni, responsable des opérations conjointes au sein des forces armées sud-africaines, lors d’une conférence de presse au port de Richards Bay (est).

L’armée est « guidée par le gouvernement » mais doit aussi apprendre de nouvelles compétences auprès d’autres armées pour protéger le pays et contribuer aux missions internationales de maintien de la paix, a-t-il expliqué. « D’autres pays auront certes une autre approche que nous » de ces exercices conjoints avec la Russie et la Chine mais « chaque pays est souverain et a le droit de gérer les choses comme il considère qu’elles doivent l’être », a-t-il souligné. « La coopération et la coordination avec toutes les autres armées est quelque chose de très important pour nous », a ajouté le général Sangweni.

17h03 : L’ONU dénonce la détention prolongée de l’opposant russe Vladimir Kara-Mourza

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Volker Türk a pointé du doigt la « détention prolongée » de l’opposant russe Vladimir Kara-Mourza, incarcéré depuis près d’un an pour avoir critiqué l’offensive en Ukraine. Il demande la mise en place d'« une procédure équitable » et le respect du « droit à la défense » de l’opposant.

Lauréat du prix des droits de l’Homme Vaclav-Havel 2022, Vladimir Kara-Mourza, 41 ans, est l’une des dernières figures de l’opposition russe se trouvant encore dans le pays. Il a été inculpé en Russie pour « haute trahison », avait annoncé en octobre dernier son avocat, un crime passible de très lourdes peines de prison alors qu’il est déjà emprisonné pour avoir critiqué l’offensive en Ukraine.

16h09 : Quatre tanks russes exposés en Europe

A l'occasion du premier anniversaire de l'invasion russe, l'Ukraine a prêté quatre carcasses de chars russes à l'Allemagne, la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie, afin de les exposer au grand public.




15h44 : 12.000 journalistes sur le terrain en un an

En un an, « 12.000 journalistes ukrainiens et étrangers ont été accrédités » pour couvrir le conflit en Ukraine, « c’est énorme », relate Jeanne Cavelier de Reporters sans frontières (RSF), évoquant un « terrain facilement accessible pour des rédactions, surtout européennes ». L’accès est toutefois beaucoup plus difficile, voire impossible, de l’autre côté du front, comme le note le reporter britannique Tim Judah (The Economist), qui regrette de ne pouvoir voir par lui-même si les Ukrainiens bombardent des civils à Donetsk, comme l’affirment les pro-Russes.

« On essaye de faire les choses de manière équilibrée mais c’est vrai que c’est plus difficile côté russe », abonde le reporter Emmanuel Peuchot, venu renforcer le bureau de l’AFP à Kiev. Les voyages de presse, organisés jusqu’à l’été 2022 par les autorités russes pour les médias étrangers, étaient extrêmement calibrés, sans liberté de mouvement pour les journalistes. Depuis, et cela coïncide avec les difficultés de l’armée russe sur le terrain, les médias occidentaux ne sont plus invités à aller dans la zone du front, et seuls des journalistes/bloggeurs triés sur le volet ont accès aux lignes russes.

15h02 : Heineken vise un retrait de Russie « en 2023 »

Le brasseur néerlandais Heineken a dit viser un départ de Russie « en 2023 », après avoir été accusé par un site d’investigation néerlandais d’y avoir maintenu ses activités, malgré l’annonce en 2022 de son retrait après l’invasion russe de l’Ukraine. « Nous travaillons dur pour assurer le transfert de notre société en Russie à un acheteur fiable dans des circonstances très difficiles », a affirmé Heineken dans un communiqué mardi. Le groupe vise la finalisation de la vente de son activité russe « au premier semestre 2023 », a-t-il précisé.

14h54 : La suspension du traité New Start par Moscou est une « grave erreur » pour Joe Biden
14h41 : Le Parlement russe valide la suspension du traité nucléaire New Start

Les deux chambres du Parlement russe ont acté la suspension du traité de désarmement nucléaire New Start, une décision annoncée hier par le président Vladimir Poutine et dénoncée à l’unisson par les puissances occidentales. Les députés de la Douma, la chambre basse, ont d’abord approuvé à l’unanimité la suspension avant d’être suivis quelques heures plus tard par les sénateurs de la chambre haute, le Conseil de la Fédération, ont rapporté les agences de presse russes.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait toutefois précisé hier que Moscou continuerait de respecter la limitation de son arsenal nucléaire malgré la suspension de New Start, jusqu’à la fin effective du traité le 5 février 2026. La Russie a aussi affirmé qu’elle pourrait revenir sur cette suspension si Washington, qu’elle accuse de multiples violations, faisait preuve de « bonne foi » en vue d’une « désescalade globale ».

14h30 : La Russie combat en Ukraine pour « ses terres historiques », estime Poutine

La Russie combat actuellement en Ukraine pour ses « terres historiques », a proclamé mercredi le président russe Vladimir Poutine, dans une brève allocution lors d’un grand concert patriotique au stade Loujniki à Moscou.

« Aujourd’hui, la hiérarchie (militaire) m’a dit que des combats sont en cours au sein de nos terres historiques pour notre peuple », a lancé M. Poutine, sur scène, devant des dizaines de milliers de Russes rassemblés, certains brandissant des drapeaux blanc-bleu-rouge.

14h12 : Un grand concert en soutien à l’offensive russe en Ukraine

Des dizaines de milliers de Russes se sont rassemblés mercredi au stade moscovite de Loujniki pour un grand concert patriotique organisé par les autorités en soutien à leur offensive contre l’Ukraine.

Par -15°C, le public y agite des centaines de drapeaux russes, alors que sur les scènes se succèdent des chants patriotiques et des discours de combattants russes du front ukrainien, en présence de Vladimir Poutine. Ce concert baptisé « Gloire aux défenseurs de la patrie » intervient à la veille de la journée du même nom, et à l’avant-veille du premier anniversaire de l’offensive russe contre son voisin.

12h54 : Un concert à Moscou pour les « défenseurs de la Mère patrie »

Un concert rassemblant 200.000 personnes doit se tenir aujourd’hui au stade Loujniki, à Moscou, marquant les un an de la guerre et la journée des « défenseurs de la Mère patrie ». Un nouveau discours de Vladimir Poutine est aussi attendu à cette occasion, selon une journaliste du New York Times présente sur place.




12h46 : Des experts de l’ONU dénoncent la « destruction délibérée » de la culture ukrainienne

Des experts de l’ONU ont dénoncé mercredi la « destruction délibérée » de la culture ukrainienne par la Russie pouvant s’assimiler à une tentative d’éradiquer le droit des Ukrainiens à leur propre identité, dans un communiqué publié à l’avant-veille du premier anniversaire de l’invasion russe.

Ces experts ont appelé à l’arrêt des destructions intentionnelles de sites, institutions et objets d’importance culturelle, historique et religieuse en Ukraine, ajoutant que le dénigrement continu de l’histoire et de l’identité du peuple ukrainien était utilisé comme une justification de la guerre et de la haine.

« Un an après l’escalade des hostilités, de nombreux sites, institutions et objets d’importance culturelle, historique et religieuse en Ukraine ont été partiellement ou entièrement détruits par des attaques militaires de la Fédération de Russie », ont déclaré les experts dans un communiqué.

« Il s’agit notamment de mémoriaux et de monuments, de bâtiments civils, de musées, de théâtres, de monuments, de statues, de lieux de culte, de cimetières, de bibliothèques, d’archives, ainsi que d’écoles, d’universités et d’hôpitaux », selon le texte.


12h37 : L’Espagne va envoyer six chars Leopard à l’Ukraine

L’Espagne va donner à l’Ukraine six chars Leopard 2A4, qui n’étaient plus en service et que l’armée espagnole est en train de réparer, a annoncé mercredi la ministre de la Défense à la Chambre des députés. Margarita Robles, qui n’a pas donné de précisions sur le calendrier de cet envoi, a assuré que l’Espagne pourrait réparer d’autres chars de ce type pour les envoyer à l’Ukraine « si cela était nécessaire » et si « nos alliés nous le demandaient ».

12h20 : Vladimir Poutine juge que la relation russo-chinoise « stabilise la situation internationale »

Vladimir Poutine a jugé mercredi que la relation russo-chinoise « stabilisait la situation internationale », en plein suspense autour d’un plan de paix chinois pour l’Ukraine, censé être rendu public cette semaine.

« Les relations internationales sont compliquées aujourd’hui (…) Dans ce contexte, la coopération (…) entre la Chine et la Russie a une grande importance pour la stabilisation de la situation internationale », a déclaré le président russe, en accueillant au Kremlin le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi.


11h55 : Le groupe Wagner appelle les Russes à faire pression sur l’armée pour lui fournir des munitions

Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a exhorté mercredi les Russes à faire pression sur l’armée pour fournir des munitions à ses hommes, un appel inédit qui illustre l’ampleur des tensions entre les mercenaires et l’état-major russe. « Si chaque Russe à son niveau, pour ne pas appeler qui que ce soit à manifester, disait simplement "Donnez des obus à Wagner", ce qui est déjà en cours sur les réseaux sociaux, alors ce serait déjà important », a déclaré l’homme d’affaires Evguéni Prigojine dans un enregistrement sonore diffusé par son service de presse.

11h30 : Estimation des pertes russes

Selon le bilan quotidien des forces armées ukrainiennes, plus de 145.000 soldats russes ont été tués depuis le début de la guerre.




11h01 : « Pédophilie » et « sanctions inutiles », Vladimir Poutine charge l’Occident

A quelques jours du premier anniversaire de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine a livré hier un long discours à la nation russe, une première depuis deux ans. « Responsabilité » occidentale de la guerre, sanctions inutiles, charge contre la « pédophilie » et les « mariages entre homosexuels », le président russe n’y est pas allé de main morte. On vous a fait un récap'.



10h45 : Le pape condamne à nouveau une guerre « absurde et cruelle »

« Le 24 février marquera le premier anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, un an de guerre absurde et cruelle. Un triste anniversaire », a déclaré le jésuite argentin à l’issue de son audience générale hebdomadaire au Vatican. « Je lance un appel à tous ceux qui ont autorité sur les nations afin qu’ils s’engagent concrètement pour la fin du conflit, pour atteindre un cessez-le-feu et débuter des négociations de paix », a ajouté le pape de 86 ans. « Une victoire construite sur des ruines ne sera jamais une vraie victoire », selon lui.

10h28 : Des explosions à Kharkiv, au moins deux blessés

De puissantes explosions ont été entendues à Kharkiv, rapportent des journalistes de la radio ukrainienne Suspilne. Une partie de la population s’est réfugiée dans le métro et les abris anti-aériens, tandis que deux personnes ont été blessées selon un premier bilan dressé par le gouverneur régional.




09h50 : Une matinée dans une ville meurtrie sur le front en Ukraine

Les civils d’Avdiïvka, dans l’est de l’Ukraine, se trouvaient déjà entre les feux croisés des troupes ukrainiennes et prorusses depuis 2014. Mais avec l’invasion russe lancée il y a un an, cette cité industrielle autrefois florissante est devenue une ville fantôme.

Les quelques habitants qui n’ont pas fui, sur les 30.000 que comptait la ville avant la guerre, se terrent aujourd’hui dans des caves d’immeubles sans eau ni électricité, craignant d’être fauchés dans les duels d’artillerie constants, rapporte l’AFP qui a envoyé une équipe sur place.

09h35 : Entre ruses et angoisse, la vie des réfractaires à l’armée en Russie

Catégorie 1, état de santé B. Dans son livret militaire, Dmitri - le prénom a été changé - montre son statut de réserviste dans l’armée russe qui lui a valu d’être mobilisé en priorité pour combattre en Ukraine. Cette convocation, dit-il, il l’a ignorée. « J’estime que participer à cette infamie, c’est être souillé à vie », déclare Dmitri, le visage dissimulé sous une capuche. Depuis quatre mois, le jeune homme, piégé dans son propre pays, vit donc avec le risque d’être arrêté. Exceptionnellement, il a accepté de confier son histoire à l’AFP, sous couvert d’anonymat et sans mention de sa localisation en Russie.

Après l’annonce en septembre dernier par Vladimir Poutine d’une mobilisation militaire, des centaines de milliers de réservistes - des civils - ont reçu leur convocation. Certains, personne ne sait combien, ont préféré ne pas y répondre. S’il est possible d’être exempté pour raison médicale ou professionnelle, ces recours sont très incertains. Des centaines de milliers de Russes ont fait le choix de fuir le pays, plutôt que de risquer d’être envoyés au front.

Ceux qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas partir doivent élaborer d’autres ruses pour échapper à un enrôlement de force ou à la prison. C’est le cas de Dmitri, qui considère, de sa voix grave et sereine, l’assaut russe contre l’Ukraine comme « un acte barbare et un crime absolu ». Le jeune homme vit aux aguets, ne se déplaçant qu’à l’intérieur de sa région et travaillant en distanciel pour une entreprise informatique basée à l’étranger.

09h20 : Menace et chat roux

« Douce et pelucheuse, d’un pas silencieux, la mort vient chercher les occupants », écrit le ministère de la Défense britannique dans un post sur Twitter qui montre un chat roux qui marche dans la neige. 



09h05 : De Kiev à Vienne, un an d’exil pour la famille Titkov

Bientôt un an que la famille Titkov a quitté la ville d’Irpin, en banlieue de Kiev, pour vivre à Vienne, loin de la guerre. Derrière l’intégration pas à pas, le cœur est toujours en Ukraine. « Love home » affiché au mur, des mets à profusion, une ambiance douillette en Autriche : ces réfugiés ont conscience de leur privilège, au moment où leur pays subit bombardements, combats et coupures de courant.

« Ici nous avons de quoi manger au chaud dans un appartement, la famille est réunie loin du stress » de voir son logement anéanti en une seconde par un missile, témoigne la mère de 39 ans, Irina Titkova. L’AFP suit depuis plusieurs mois cette ancienne professeure d’anglais dans sa nouvelle vie, aux côtés de ses trois garçons de 10, 11 et 16 ans et de son époux Valerii, 44 ans, qui a pu quitter le territoire en tant que père de famille nombreuse.

Comme des millions de leurs compatriotes, ils ont tout abandonné le lendemain même de l’invasion russe du 24 février pour l’Autriche, où ils avaient des contacts. Les Titkov ont rapidement été hébergés par l’intermédiaire de connaissances à deux pas de la cathédrale Saint-Etienne avant de trouver leur « chez soi » dans un quartier résidentiel à une demi-heure du centre. Ils sont quelque 90.000 dans le pays alpin de 9 millions d’habitants à avoir reçu une « carte bleue », réservée aux réfugiés ukrainiens qui bénéficient au sein de l’Union européenne (UE) d’une protection temporaire spéciale.

Ce statut leur donne droit de rester en Autriche jusqu’à mars 2024 sans déposer de demande d’asile tout en percevant des aides.

08h50 : L’accueil des Ukrainiens doit « servir de modèle », estime France terre d'asile

Les réfugiés fuyant l’Ukraine n’ont pas été traités « comme des migrants habituels » et ont bénéficié d’un accueil inédit qui doit « servir de modèle » pour les crises futures, estime la directrice générale de l’association France terre d'asile, Delphine Rouilleault, dans un entretien mercredi avec l’AFP. « Ce qu’on a fait pour les Ukrainiens peut servir de modèle. Il y a dans cet accueil quelque chose de sain qui prouve qu’en étant généreux et en s’organisant correctement on peut bien accueillir sans pour autant créer un "appel d’air" », estime Delphine Rouilleault.

« On les a pris en charge dès l’arrivée sur le territoire, ce qui fait qu’aucun Ukrainien n’a eu à dormir dans la rue. On appelle à la création d’un système équivalent pour les autres étrangers : des centres de premier accueil et de mise à l’abri des primo-arrivants et des ouvertures de droits sociaux pour accueillir dignement », juge-t-elle. « Aujourd’hui, l’entrée dans la demande d’asile en France passe par la rue, alors que le sas vertueux mis en place pour l’Ukraine permet d’éviter l’errance et ses conséquences sur la santé physique, mentale, sans compter les risques pour les femmes d’être violentées dans la rue », note la directrice générale de France terre d'asile.

08h37 : Après avoir fui la guerre, les étudiants étrangers en Ukraine en plein désarroi

Korrine Sky était en deuxième année de médecine à Dnipro, dans l’est de l’Ukraine, quand la Russie a lancé son invasion. Dans sa fuite, elle a passé des heures coincée à la frontière dans une file pour les étrangers. « Quand ça a débuté pour de bon, je me suis rendu compte que nous étions seuls », explique à l’AFP cette étudiante anglaise de 27 ans, qui vit à Leicester dans le centre de l’Angleterre.

Korrine Sky n’est pas son vrai nom, mais celui qu’elle utilise en ligne. Elle souhaite rester anonyme en raison des attaques racistes qu’elle a reçues après avoir évoqué sa situation. Originaire du Zimbabwe et naturalisée Britannique, Korrine faisait partie des dizaines de milliers d’étudiants étrangers en Ukraine, souvent venus de pays en développement, qui payaient relativement peu pour y étudier.

Après avoir fui la guerre, ces étudiants n’ont pas bénéficié des droits octroyés aux Ukrainiens ayant eux aussi quitté le pays et se sont parfois retrouvés livrés à eux-mêmes. Depuis son retour à Leicester et même si elle est Britannique, Korrine explique qu’elle n’a pas pu reprendre ses études, faute de diplôme reconnu et de ressources pour payer les frais de scolarité. Selon elle, ses anciens camarades sont « dans une terrible » situation financière.

08h24 : Danone voit son bénéfice net divisé par deux en 2022, à 959 millions d’euros

Danone a vu son bénéfice fondre de moitié en 2022, passant sous la barre du milliard d’euros, plombé par la hausse du coût des matières premières, le retrait d’une partie de ses activités de Russie, et le déploiement de son plan de réorganisation, a annoncé le groupe mercredi.

Le chiffre d’affaires a quant à lui bondi de 13,9 % porté par des hausses de prix pour faire face à la flambée des coûts de production, aggravée par la guerre en Ukraine. « La dernière fois que l’effet prix a eu autant d’impact dans nos résultats remonte aux années 1980 », a commenté un porte-parole de Danone. Le bénéfice net part du groupe est tombé à 959 millions d’euros, en raison du retrait de Russie de son unité « produits laitiers et d’origine végétale », qui constitue la majeure partie de son activité dans le pays.

08h12 : Coup d’œil dans le rétro

Vous n’avez pas suivi l’actualité sur le front de l’Ukraine mardi ? Vous pouvez retrouver toutes les informations de la journée dans notre live d’hier :

Ou la version condensée avec notre récap' quotidien :


08h00 : Au Canada, le conflit ukrainien ravive les fantômes de la guerre froide

A quelques kilomètres de la capitale canadienne, s’enfonçant plusieurs centaines de mètres sous terre, se cache un bunker figé dans le passé, comme une relique des menaces nucléaires d’un ancien temps, menaces qui semblent refaire surface. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, « c’est devenu une vraie question : les gens voulaient savoir s’ils pouvaient venir se réfugier ici », raconte Christine McGuire, directrice du Diefenbunker devenu un musée à la fin de la guerre froide.

Or, bien qu’il ait conservé l’essentiel des caractéristiques de l’abri antiatomique qu’il était autrefois pour le haut commandement canadien, « il ne pourrait pas résister aux armes nucléaires actuelles », souligne la responsable du complexe. Construit secrètement au cœur de la guerre froide dans un paisible village à une trentaine de minutes d’Ottawa, le bunker pouvait héberger plus de 500 personnes, dont le Premier ministre, en cas d’attaque nucléaire. Les familles, elles, n’étaient toutefois pas acceptées.

07h48 : Pourquoi l’envoi d’armes chinoises vers la Russie pourrait « rebattre les cartes » du conflit en Ukraine

Les Etats-Unis ont accusé cette semaine la Chine d’envisager de fournir des armes à la Russie pour appuyer son offensive en Ukraine, ce que dément Pékin. Si c’était le cas, cela « changerait la donne » dans ce conflit qui dure depuis un an, estiment plusieurs experts. Un afflux d’armes en provenance de Chine « rebattrait les cartes » du conflit en Ukraine, a fait valoir auprès de l’AFP Mick Ryan, ancien stratège et général de l’armée australienne aujourd’hui à la retraite.

« C’est une guerre de systèmes industriels. Pour le moment, la Russie est [à la traîne par rapport à] l’Occident. Si la Chine s’implique, tout avantage que l’Ukraine avait grâce à la capacité industrielle de l’Occident disparaît instantanément », a-t-il exposé. Les « munitions chinoises rendraient la vie très difficile aux Ukrainiens, qu’il s’agisse de munitions d’artillerie, de munitions de précision ou d’armes de frappe à plus longue portée dont la Russie est à court ».

Car depuis le début de l’invasion russe, la Russie peine à rassembler suffisamment de personnel, de munitions et d’armes, ce qui explique son enlisement face à la résistance ukrainienne. Cet état de fait a poussé Vladimir Poutine à recourir à une conscription massive, à des groupes mercenaires et aux importations. Pendant ce temps, l’Ukraine a réussi à arrêter l’avancée russe, et même à prendre le dessus. Mais certains experts estiment que la guerre se trouve à un point d’inflexion, chaque camp s’arrachant les ressources et cherchant à remporter des gains décisifs à mesure que le printemps approche.

07h38 : L’Ukraine et ses alliés cherchent le soutien le plus large à l’ONU

L’Assemblée générale de l’ONU se réunit à partir de mercredi à l’occasion de l’anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Kiev et ses alliés espérant recueillir le soutien le plus large à une résolution appelant à une paix « juste et durable ».

Le projet de résolution sponsorisé par quelque 60 pays « souligne la nécessité de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix globale, juste et durable en Ukraine conformément aux principes de la Charte des Nations unies ». Il doit être soumis au vote à l’issue des débats qui commenceront à 15 heures (22 heures, heure française) et dureront au moins jusqu’à jeudi. Comme de précédentes résolutions, le texte réaffirme l'« attachement » à « l’intégrité territoriale de l’Ukraine », « exige » le retrait immédiat des forces russes, et appelle à une « cessation des hostilités ».

Il ne fait pas référence en revanche au plan de paix en dix points présenté en novembre par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

07h26 : Les « oligarques » russes après un an de sanctions

«Fuir, se battre ou ne pas bouger.» La plupart des milliardaires russes réputés proches de Vladimir Poutine s'en sont remis depuis le début de la guerre en Ukraine à la célèbre maxime de défense face aux sanctions occidentales. Touchés, ces «oligarques» ont vu leurs comptes gelés, leurs yachts et demeures saisis, mais ils contournent ou combattent les sanctions, et attendent des jours meilleurs.

Certains ont dans un premier temps tenté d'user de leur renommée pour attendrir les autorités occidentales, comme Petr Aven, qui a fait fortune dans le pétrole post-soviétique notamment, assurant dans le FT avoir été visé par des sanctions pour avoir «pris Poutine au téléphone» ou ne pas savoir «comment survivre» avec ses comptes gelés. Roman Abramovitch, le plus célèbre des «oligarques», joue les entremetteurs entre Moscou et les Occidentaux mais a malgré tout dû vendre le club de foot anglais de Chelsea, l'un des joyaux de son empire.

Il a depuis été vu plusieurs fois en Russie, en Israël - dont il est également citoyen - ainsi qu'à Dubaï ou en Turquie, pays qui n'ont pas pris de mesures contre les riches russes. Dubaï, en particulier, leur ouvre les bras au point où un quartier a été rebaptisé «La petite Moscou». Petr Aven, ex-copropriétaire du conglomérat Letter One avec Mikhaïl Fridman et Guerman Khan, a élu domicile en Lettonie, dont il est ressortissant, tandis que Oleg Deripaska aurait opté pour Moscou.

07h19 : L’industrie de la défense française doit se « mettre en stimulation », d’après Lecornu

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a affirmé mardi à Dakar la nécessité pour l’industrie de défense de son pays de « se mettre en stimulation » pour répondre à la demande extérieure et aux besoins éventuels des forces nationales.

« On a une industrie de défense de qualité, mais qui doit forcément se mettre en stimulation », a déclaré à des journalistes le ministre, interrogé sur la capacité des industriels français à aider l’Ukraine tout en répondant aux besoins et demandes des forces nationales et des partenaires étrangers.

« On ne peut pas dire qu’on a une autonomie stratégique si on a besoin de Pierre, Paul, Jacques, aux quatre coins de la planète pour fabriquer notre poudre », a-t-il ajouté. Un responsable du ministère a cité l’exemple du canon Caesar dont la France a livré des exemplaires à l’Ukraine et que « tout le monde veut acheter ». L’industrie française doit « pouvoir faire de la masse, notamment pour notre armée de terre », a-t-il dit sous couvert d’anonymat.

07h13 : Un discours virulent de Poutine

La démonstration de soutien de Washington, prévue au palais présidentiel de Varsovie intervient au lendemain d’un virulent discours du président russe. Vladimir Poutine a juré de poursuivre « méthodiquement » son offensive lancée il y a presque un an en Ukraine et a annoncé le retrait de la Russie du traité russo-américain New Start sur le désarmement nucléaire, rappelant les pires heures de la guerre froide.

Les Occidentaux veulent « en finir avec nous une bonne fois pour toutes », a tonné le chef du Kremlin, accusant Washington et ses alliés européens de porter « la responsabilité de l’attisement du conflit ukrainien et de ses victimes ».

07h08 : Joe Biden à Varsovie pour rassurer les dirigeants d’Europe de l’Est

Le président américain Joe Biden rencontre mercredi à Varsovie le groupe de neuf dirigeants des pays de l’Otan d’Europe centrale et de l’Est, en présence du secrétaire général de l’Alliance atlantique, pour les assurer du soutien « indéfectible » de Washington face à Moscou au lendemain d’un discours belliqueux de Vladimir Poutine.

Joe Biden « rencontrera les dirigeants des Neuf de Bucarest (B9), un groupe d’alliés de l’Otan de notre flanc oriental, en présence du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg afin de réaffirmer le soutien indéfectible des Etats-Unis envers la sécurité de l’Alliance », a déclaré dans un communiqué la Maison-Blanche.

07h00 : Bienvenue sur ce nouveau live

Bonjour à toutes et à tous ! Comme chaque jour, la rédaction de 20 Minutes est mobilisée pour vous donner les dernières informations sur le conflit. Ce mercredi, le président américain Joe Biden rencontre à Varsovie le groupe de neuf dirigeants des pays de l’Otan d’Europe centrale et de l’Est pour les assurer du soutien « indéfectible » de Washington face à Moscou. Cette démonstration de soutien, en présence du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, intervient au lendemain d’un virulent discours du président russe, qui a juré de poursuivre « méthodiquement » son offensive.