20 Minutes : Actualités et infos en direct
Axe Moscou-BamakoLavrov promet à l’Afrique l’aide russe contre les djihadistes

Sahel : Lutte antidjihadisme, soutien militaire… Nouveau rapprochement entre la Russie et le Mali

Axe Moscou-BamakoLe ministre russe des affaires étrangères a promis mardi l’aide de Moscou aux pays du Sahel et du Golfe de Guinée face aux djihadistes
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov (à gauche), et le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, se serrent la main après une conférence de presse conjointe.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov (à gauche), et le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, se serrent la main après une conférence de presse conjointe. - Russian Foreign Ministry Press S / Sipa USA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Après la France, l’Afrique de l’Ouest se tourne vers la Russie. En déplacement en Bamako, le ministre russe des affaires étrangères a promis mardi l’aide de Moscou face aux djihadistes aux pays du Sahel et du Golfe de Guinée, alors que les militaires français ont plié bagage du Mali et du Burkina Faso, à leur demande. Sergueï Lavrov a également laissé présager une implication accrue en Afrique, confrontée selon lui aux « approches néocoloniales » des Occidentaux.

Cette nouvelle alliance entre le Mali et la Russie contre la menace djihadiste a été présentée par les deux parties comme une première « historique » de la part d’un chef de la diplomatie russe. « La lutte contre le terrorisme est bien sûr d’actualité pour les autres pays de la région », a déclaré Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse avec son homologue malien Abdoulaye Diop. « Nous allons leur apporter notre assistance pour surmonter ces difficultés. Cela concerne la Guinée, le Burkina Faso et le Tchad, et en général la région sahélo-sahélienne et même les pays riverains du Golfe de Guinée », a-t-il développé.

Soutien militaire

Le ministre russe a par ailleurs promis au Mali la poursuite du soutien militaire matérialisé depuis fin 2021 par des livraisons d’armements et l’envoi de centaines d’hommes, décrits en fonction des sources comme des instructeurs de l’armée russe ou des mercenaires de Wagner, un groupe de sécurité privé aux agissements décriés.



Il a aussi promis un engagement russe intensifié en Afrique, signifiant clairement la volonté d’occuper le terrain. « Nous allons apporter notre soutien au règlement des problèmes sur le continent africain, nous partons constamment du principe qu’il faut régler les problèmes africains avec des solutions africaines », a déclaré Sergueï Lavrov, dont le pays a lancé une offensive en Ukraine il y a presqu’un an.

Rapprochement depuis 2021

Les agissements des Occidentaux en Afrique sont les mêmes « partout dans le monde », y compris en Europe où ils ont fait de l’Ukraine une « tête de pont » pour mener une « guerre hybride » contre la Russie, a-t-il dit. Les critiques occidentales contre la nouvelle alliance entre le Mali et la Russie « reflètent les approches néocoloniales » des Occidentaux, a-t-il fustigé.

Cette visite au Mali concrétise le rapprochement opéré par les colonels maliens depuis 2021, en même temps qu’ils rompaient l’alliance militaire avec la France et ses partenaires. Avant de repartir, Sergueï Lavrov devait être reçu dans la journée par le colonel Assimi Goïta, chef de la junte qui a pris le pouvoir par la force en 2020.

Des techniques russes critiquées

Les deux diplomates se sont défendus contre les critiques occidentales sur l’alliance russo-malienne et les violations des droits humains imputées aux éléments étrangers engagés dans le pays. « Nous n’allons pas continuer à nous justifier pour le choix de nos partenaires… La Russie est ici à la demande du Mali et la Russie répond de façon efficace aux besoins du Mali » en renforçant ses capacités de défense, a dit Abdoulaye Diop.

Moins de 48 heures avant l’arrivée de Sergueï Lavrov, la junte a annoncé l’expulsion du chef de la division des droits de l’Homme de la mission de l’ONU (Minusma). Ce nouveau coup porté à la relation avec la Minusma intervient après un discours prononcé par une défenseure malienne des droits humains devant le Conseil de sécurité. Elle dressait un tableau sombre de la sécurité et dénonçait l’implication, selon elle, des nouveaux alliés russes dans de graves violations. « Les droits de l’Homme sont instrumentalisés, politisés pour des agendas cachés », a affirmé Abdoulaye Diop.

Sujets liés