Guerre en Ukraine : Le point sur les bombardements qui ont touché plusieurs villes, dont Kiev

conflit Ce lundi matin, plusieurs bombardements ont eu lieu dans des villes d’Ukraine, dont Kiev, a confirmé la présidence ukrainienne

M.A. avec AFP
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Une voiture détruite dans Kiev par les bombardements le 10 octobre 2022.
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Une voiture détruite dans Kiev par les bombardements le 10 octobre 2022. — Adam Schreck/AP/SIPA
  • Plusieurs villes d’Ukraine ont été bombardées ce lundi matin, a annoncé la présidence ukrainienne, qui a fait état de 83 missiles lancés par la Russie.
  • Au moins onze personnes ont été tuées et 64 autres blessés dans les frappes russes, selon les autorités ukrainiennes.
  • Ces bombardements interviennent alors que Vladimir Poutine réunit, ce lundi, son conseil de sécurité, deux jours après l’explosion qui a partiellement détruit samedi le pont de Crimée reliant la Russie à la péninsule annexée. Un acte que Moscou attribue à l’Ukraine.

Une série de bombardements a visé plusieurs villes d’Ukraine, dont Kiev, la capitale, ce lundi matin, a confirmé le président Volodymyr Zelensky. Selon l’armée ukrainienne, la Russie a lancé 83 missiles sur l’Ukraine sur la seule matinée, faisant au moins onze morts et 64 autres blessés.

Si les informations sont encore partielles, 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait de ces bombardements.

Quelles villes ont été bombardées ?

Selon la Défense ukrainienne, la Russie a lancé 83 missiles sur l’Ukraine, ce lundi matin, sur plusieurs villes du pays. Selon la même source, 52 de ces missiles ont été interceptés par la défense aérienne ukrainienne, dont 43 étaient des missiles de croisière.

Les bombardements ont particulièrement ciblé Kiev, où au moins une demi-douzaine de déflagrations ont été entendues, ce lundi matin, sur plusieurs quartiers du centre-ville. « Il y a plusieurs frappes sur l’infrastructure critique de la ville », a déclaré le maire de Kiev, Vitali Klitchko. Deux missiles ont frappé peu après 8 heures du matin dans le centre, à moins d’une minute d’intervalle et à 300 mètres de distance. Dans le parc Taras Chevtchenko, c’est une aire de jeux pour enfants qui a été pulvérisée. Dans la rue voisine le missile a creusé un cratère, soulevé l’asphalte et détruit plusieurs automobiles. Un corps sans vie est visible sous une couverture thermique en aluminium. Les vitres des bâtiments voisins sont souflées

A Zaporijjia, dans le sud du pays, sept missiles sont tombés sur la ville dans la nuit, faisant au moins un mort et cinq blessés. Un immeuble résidentiel a été en partie détruit, laissant craindre un bilan lourd, selon Oleksandre Staroukh, le gouverneur régional.

Outre la capitale et Zaporijjia, des frappes ont notamment été rapportées à Khmelnytskiï, Lviv, Dnipro, Vinnitsia, Soumi, Kharkiv ou encore Jytomyr. « Ils essaient de nous détruire tous, de nous effacer de la surface de la Terre », a réagi Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux.

Le Premier ministre ukrainien, Denis Chmygal, a indiqué de son côté que onze infrastructures importantes ont été endommagées lundi matin dans huit régions en plus de la capitale Kiev. Des coupures d’électricité et d’eau chaude à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, ont d’ailleurs été rapportées par le maire de la ville.

Quel est le bilan ?

Au moins onze personnes ont été tuées et 64 autres blessés dans les frappes massives russes, a annoncé la police ukrainienne. « A ce stade, dix personnes sont mortes et environ 60 ont été blessées dans tout le pays à la suite de tirs russes », a indiqué la police ukrainienne sur Facebook, précisant que des policiers, des enquêteurs et des criminologues rassemblent les « preuves des atrocités russes ».

Selon le maire de Kiev, Vitali Klitschko, cinq personnes sont mortes et 51 autres blessées rien que dans la capitale ukrainienne. « La menace de nouvelles frappes reste présente », a-t-il ajouté dans une vidéo sur Twitter, appelant la population à se mettre à l’abri en cas d’alerte anti-aérienne.

Dans quel contexte ces bombardements interviennent-ils ?

Le président russe Vladimir Poutine a expliqué, lors d’une réunion de son conseil de sécurité ce lundi, que la Russie avait lancé une campagne « massive » de bombardements « contre l’infrastructure énergétique, militaire et de communication de l’Ukraine », en réplique à l’attaque « terroriste » du pont de Crimée. Il a promis des répliques « sévères » en cas de nouvelles attaques ukrainiennes contre la Russie. Les frappes « ont atteint leur objectif », a assuré le ministère de la Défense russe.

Dimanche, Vladimir Poutine a accusé Kiev d’avoir organisé l’explosion qui a partiellement détruit samedi le pont de Crimée reliant la Russie à la péninsule annexée, évoquant un « acte terroriste ». L’explosion sur ce pont inauguré par Vladimir Poutine en 2018 et symbole de l’annexion de la Crimée en 2014 constitue un nouveau revers pour la Russie au moment où ses forces sont en difficulté en Ukraine.



Samedi, l’armée russe a annoncé la nomination d’un nouveau commandant de son « opération militaire spéciale » en Ukraine après une série de revers sur le terrain et de signes de mécontentement croissant au sein des élites sur la conduite du conflit.

« Le général d’armée Sergueï Sourovikine a été nommé commandant du groupement combiné de troupes dans la zone de l’opération militaire spéciale » en Ukraine, a annoncé le ministère russe de la Défense sur Telegram. Sergueï Sourovikine, 55 ans, est un vétéran de la guerre civile au Tadjikistan dans les années 1990, de la deuxième guerre de Tchétchénie dans les années 2000 et de l’intervention russe en Syrie lancée en 2015. Il dirigeait jusque-là le groupement de forces « Sud » en Ukraine, selon un rapport du ministère russe datant de juillet. « Depuis plus de trente ans, la carrière de Sourovikine a été marquée par des allégations de corruption et de brutalité », selon un rapport du gouvernement britannique, dévoilé par le Guardian.

Comment ont réagi les autres pays ?

L’Union européenne a estimé que les attaques russes visant des civils sont des « crimes de guerre » dont les responsables devront « rendre compte », appelant la Biélorussie à « ne pas être partie à l’agression brutale menée par la Russie ». Pour sa part, Berlin a annoncé une réunion d’urgence virtuelle mardi des dirigeants du G7 et du président ukrainien Volodomyr Zelensky à 14 heures, heure locale.

De son côté, l’Otan a condamné les « attaques horribles et aveugles » lancées par la Russie contre des infrastructures civiles en Ukraine et soutiendra le peuple ukrainien « aussi longtemps qu’il le faudra », a affirmé lundi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg. « Je me suis entretenu avec le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba et j’ai condamné les attaques horribles et aveugles de la Russie contre des infrastructures civiles en Ukraine. L’Otan continuera à soutenir le courageux peuple ukrainien pour lutter contre l’agression du Kremlin aussi longtemps qu’il le faudra », a-t-il tweeté.

La France a, elle aussi, réagi par la voix d’Emmanuel Macron et de Catherine Colonna, la ministre des Affaires étrangères. Emmanuel Macron a déploré un «changement profond de la nature» de la guerre en Ukraine. Ces «frappes délibérées de la Russie sur l'ensemble du territoire ukrainien et contre des civils, c'est un changement profond de la nature de cette guerre», a-t-il dit, ajoutant qu'il réunirait ses conseillers diplomatiques et militaires concernés dès son retour à Paris pour «faire un point» sur la situation.

Les frappes russes qui se sont abattues sur l’Ukraine constituent un « crime de guerre », a dénoncé lundi la ministre française des Affaires étrangères sur son compte Twitter. « Je condamne avec la plus grande fermeté les frappes russes indiscriminées de ce jour contre les villes ukrainiennes. Viser intentionnellement les populations civiles constitue un crime de guerre », a estimé Catherine Colonna.