Russie : Des responsables et des membres des Témoins de Jéhovah arrêtés par les services de sécurité

REPRESSION Considérés comme « extrémistes », les Témoins de Jéhovah ont été interdits en 2017 par la Cour suprême russe

20 Minutes avec AFP
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Un policier russe à Moscou (image d'illustration).
Un policier russe à Moscou (image d'illustration). — Alexander NEMENOV / AFP

En Russie, les forces de sécurité ont procédé ce mercredi à un raid d’envergure contre les Témoins de Jéhovah, selon le Comité d’enquête russe, ce culte étant interdit en Russie et qualifié d'« extrémiste ».

Des membres du Comité d’enquête, l’organisme en charge des dossiers criminels les plus importants, du ministère de l’Intérieur et du FSB, les services de sécurité, ainsi que des membres de la Garde nationale « mènent à Moscou des perquisitions à 16 adresses où vivent des membres de cette organisation ». Plusieurs « responsables et membres » des Témoins de Jéhovah ont été arrêtés, selon le Comité, qui ne chiffre pas ces arrestations.

Le mouvement dénonce un retour aux « répressions soviétiques »

Ils sont accusés d’avoir fondé depuis septembre 2017, malgré l’interdiction de ce culte, des antennes dans la capitale russe et organisé des « réunions conspiratrices », pour notamment étudier « de la littérature religieuse » et à des fins de prosélytisme.

Pour leur part, les Témoins de Jéhovah ont accusé les autorités russes de poursuivre « la chasse » aux adeptes de leur religion, en soulignant, dans un communiqué envoyé à l’AFP, que « personne n’est en mesure d’expliquer en quoi consiste leur danger pour l’Etat ». Le mouvement a dénoncé ces « raids visant des croyants pacifiques », Jarrod Lopes, le porte-parole des Témoins de Jéhovah à New York, y voyant un retour vers le temps « des répressions soviétiques ». « Nous espérons que les autorités mettront fin aux persécutions et défendront la liberté de religion inscrite dans la Constitution russe », a-t-il déclaré à l’AFP.

Des campagnes pour « l’identité russe »

Les Témoins de Jéhovah ont été interdits en 2017 par la Cour suprême russe et leur mouvement est considéré comme « extrémiste » par le ministère de la Justice, un qualificatif vague pouvant aussi bien viser une organisation « terroriste », une secte ou des groupes d’opposition politique. Ce culte est dénoncé par la puissante Eglise orthodoxe russe, proche du Kremlin.

Les autorités russes mènent une politique de promotion de l’identité russe, fondée sur un certain conservatisme qui trouve ses racines dans l’orthodoxie. L’Eglise est très attentive au prosélytisme d’autres croyances chrétiennes.

Depuis l’interdiction des Témoins de Jéhovah, plusieurs adeptes ont été condamnés à de la prison ferme en Russie. En novembre dernier, les autorités russes ont annoncé l’ouverture d’une enquête pénale visant les Témoins de Jéhovah pour « activités extrémistes », après avoir mené des perquisitions dans plus de 20 régions.