Caucase : Azerbaïdjan et Arménie très proches de la guerre à cause du Nagorny Karabakh

CONFLIT Les deux pays se déchirent autour d’une région majoritairement arménienne qui veut faire sécession de l’Azerbaïdjan

20 Minutes avec AFP

— 

C'est la marche vers la guerre dans la Caucase.
C'est la marche vers la guerre dans la Caucase. — HANDOUT / AFP / ARMENIAN DEFENCE MINISTRY

L’Arménie et l’Azerbaïdjan étaient au bord de la guerre dimanche, des combats meurtriers ayant éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et la région séparatiste du Nagorny Karabakh soutenue par Erevan. Les belligérants ont fait état de victimes militaires et civiles. Selon la partie arménienne, une femme et un enfant ont été tués. Un conflit majeur impliquant l’Azerbaïdjan et l’Arménie pourrait entraîner l’intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie.

Le conflit autour du Nagorny Karabakh, qui a fait sécession de l’Azerbaïdjan avec le soutien arménien, nourrit les tensions régionales depuis trente ans. Après l’annonce des premiers combats dimanche matin, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a décrété « la mobilisation générale » et l’instauration de « la loi martiale », tout comme les autorités du Karabakh. « Soutenons fermement notre Etat, notre armée (…) et nous allons vaincre. Longue vie à la glorieuse armée arménienne ! », a-t-il écrit sur Facebook.

Moscou et Paris appellent au calme

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a lui aussi promis la victoire. « L’armée azerbaïdjanaise combat aujourd’hui sur son territoire, défend son intégrité territoriale, porte des coups dévastateurs à l’ennemi. Notre cause est juste et nous allons vaincre », a-t-il dit, dans un discours à la télévision.

Moscou a appelé dès dimanche matin « à un cessez-le-feu immédiat » et à des pourparlers, alors que les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités. La France, médiatrice du conflit avec la Russie et les Etats-Unis dans le cadre du Groupe de Minsk, a aussi appelé à « cesser immédiatement les hostilités ». Un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, allié traditionnel de Bakou, a lui dénoncé sur Twitter une « attaque de l’Arménie ».

Une région majoritairement peuplée d’Arménien et d’Arméniennes

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a indiqué pour sa part avoir lancé une « contre-offensive sur toute la ligne de front » du Karabakh, afin de « mettre fin à des activités militaires des forces armées de l’Arménie ». « Des morts et des blessés ont été rapportés parmi les civils et les militaires », a ajouté la présidence azerbaïdjanaise, tandis que le médiateur public du Karabakh a déclaré qu’il y avait « des victimes civiles ». Aucun bilan chiffré n’a été avancé, tandis que le ministère de la Défense du Karabakh a dit avoir infligé « de lourdes pertes » à l’adversaire.

Le Nagorny Karabakh est une région sécessionniste d’Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d’Arméniens et soutenue par l’Arménie. Elle a été le théâtre d’une guerre au début des années 1990 qui a fait 30.000 morts, et depuis lors, les autorités azerbaïdjanaises veulent en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire. Des pourparlers de paix sont dans l’impasse depuis de longues années. Des combats opposent régulièrement séparatistes et Azerbaïdjanais, mais aussi Erevan et Bakou.

En 2016, de graves heurts avaient déjà failli dégénérer en guerre au Karabakh, et des combats meurtriers ont aussi opposé en juillet 2020 Arméniens et Azerbaïdjanais à leur frontière nord. Les deux camps ont l’habitude de se rejeter la responsabilité de ces flambées de violence. Le président Aliev avait menacé vendredi l’Arménie de représailles, en raison de son « comportement agressif », et accusé Erevan de « faire échouer à dessein les négociations » de paix sur le Karabakh. Il avait estimé que l’Arménie préparait des « dizaines de milliers d’hommes » pour attaquer l’Azerbaïdjan.