Affaire Navalny : Selon ses proches, du poison a été retrouvé sur une bouteille d’eau à son hôtel

ENQUÊTE Alexeï Navalny était resté trois jours danc cet hôtel situé à Tomsk en Russie

20 Minutes avec AFP

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L'Hotel Xander où résidait Alexei Navalny avant son empoisonnement.
L'Hotel Xander où résidait Alexei Navalny avant son empoisonnement. — Taisiya Vorontsova/TASS/Sipa USA

Comment Alexeï Navalny a-t-il été empoisonné ? Selon son équipe, des traces de l’agent innervant à l’origine de l’intoxication de l’opposant ont été retrouvées sur une bouteille d’eau en plastique récupérée dans la chambre d’hôtel où il a séjourné.

L’avocat, homme politique et militant anticorruption de 44 ans a fait un malaise le 20 août durant un vol le ramenant à Moscou de la ville sibérienne de Tomsk, où il était venu soutenir des candidats aux élections municipales et tourner une enquête sur la corruption des élites locales.

Une preuve majeure ?

Sur Instagram, son équipe a affirmé, jeudi, que des traces de la substance neurotoxique de type Novitchok, identifiées par un laboratoire allemand, avaient été retrouvées sur une « bouteille d’eau en plastique ordinaire » ramassée dans la chambre d’hôtel d’Alexeï Navalny à Tomsk par ses partisans, dans les minutes ayant suivi l’annonce que l’opposant s’était senti mal.

Elle précise que l’agent a été identifié « deux semaines plus tard », la bouteille d’eau devenant alors la preuve permettant de conclure à un empoisonnement au Novitchok. Cette découverte signifie que « Navalny a été empoisonné avant qu’il quitte l’hôtel, et non pas à l’aéroport ou dans l’avion », a indiqué dans une vidéo la porte-parole de l’opposant, Kira Iarmych, alors que les premiers soupçons s’orientaient vers un thé bu à l’aéroport de Tomsk.

Chambre passée au crible

Durant son séjour à Tomsk, Alexeï Navalny était resté trois jours à l’hôtel Xander, un établissement quatre étoiles dont il avait aussi fréquenté le restaurant, selon la police. Une vidéo accompagnant le message de l’équipe de Navalny montre ses soutiens passant au crible sa chambre d’hôtel et emballant de possibles indices avant que la police ait pu visiter les lieux.

« Comme il était absolument clair que Navalny n’était pas "légèrement malade" (…), nous avions décidé de ramasser tout ce qui pouvait être utile et de le transmettre aux médecins en Allemagne », expliquent ses partisans dans un communiqué, ajoutant qu’il était « évident qu’il n’y aurait pas d’enquête en Russie ».

Une proche alliée de l’opposant, Lioubov Sobol, a indiqué sur Twitter qu’il était « important de comprendre qu’il y avait des traces de Novitchok sur la bouteille, mais que cela ne veut pas dire qu’il a été empoisonné par cette bouteille d’eau ». La victime a pu les transférer sur le récipient.

Pas d’enquête criminelle

Proekt. media, un site d’information russe, a publié jeudi une enquête détaillée citant plusieurs proches de l’opposant affirmant par ailleurs que le poison n’était plus détectable dans son organisme quand son transfert à Berlin est intervenu. Selon le site, Alexeï Navalny ne se souvient plus quand exactement il a bu cette bouteille de marque Sviatoï Istotchnik («Sainte Source »), marque russe très populaire.

L’un des inventeurs de l’agent innervant, Vladimir Ouglev, a assuré à Proekt. media que toute ingestion du poison aurait été probablement mortelle. Le site ajoute que la porte de la chambre de Navalny était filmée par deux caméras de vidéosurveillance dont les images ont été récupérées par la police des transports, qui a lancé des vérifications préliminaires. Mais malgré des preuves suffisantes, « une enquête criminelle n’a toujours pas été ouverte », dénonce Mme Iarmych.

L’affaire Navalny a provoqué une nouvelle passe d’armes entre la Russie et les pays occidentaux : le Parlement européen a réclamé jeudi des sanctions sévères contre la Russie, dénonçant « un effort systémique pour le réduire au silence ».