Russie : Poutine veut « un mandat présidentiel fort » et ouvre la voie à son maintien jusqu'en 2036

CONSTITUTION Si la Cour constitutionnelle donne son aval à cet amendement, Vladimir Poutine, pourrait en théorie effectuer un cinquième et un sixième mandat à la tête de la Russie

20 Minutes avec AFP

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Vladimir Poutine au Kremlin à Moscou, le 28 février 2018.
Vladimir Poutine au Kremlin à Moscou, le 28 février 2018. — Alexei Druzhinin / SPUTNIK / AFP

Et si Vladimir Poutine restait ? Le président russe a ouvert ce mardi la voie à son maintien à la présidence en présentant aux députés un amendement pour lui permettre d’effectuer un nouveau mandat, ce qui lui est aujourd’hui interdit par la Constitution.

Répondant à la chambre basse du Parlement à la proposition d’une députée, l’homme fort de la Russie s’est dit favorable à l’idée de « réinitialiser » le nombre de ses mandats présidentiels à l’occasion de la réforme de la loi fondamentale, pour lui permettre de participer aux élections de 2024. Il a assuré vouloir que la Cour constitutionnelle autorise d’abord la modification et que les Russes l’approuvent lors du « vote populaire » sur la refonte de la Constitution prévu le 22 avril.

Poutine, président jusqu’en 2036 ?

Selon la Constitution actuellement en vigueur, Vladimir Poutine n’a pas le droit de se représenter en 2024, le texte imposant une limite de deux mandats consécutifs. Ce n’est qu’en laissant en 2008-2012 la présidence à Dmitri Medvedev, lui-même étant alors Premier ministre, qu’il aura pu effectuer deux fois deux mandats consécutifs depuis son accession au Kremlin en 2000. Un « pouvoir présidentiel fort est absolument nécessaire à la Russie », a déclaré ce mardi Vladimir Poutine, 67 ans, jugeant que la « stabilité (…) devait être prioritaire ».

Si la Cour constitutionnelle donne son aval, ce qui semble probable, Vladimir Poutine, qui fête ses 20 ans aux commandes de la Russie, pourrait en théorie rester deux mandats supplémentaires, soit jusqu’en 2036. Les députés de la Douma ont dans la foulée adopté cet amendement ainsi que tous les autres proposés par le chef de l’Etat depuis janvier. Un total de 382 ont voté pour, 44 se sont abstenus et aucun n’a voté contre. Une dernière lecture aura lieu mercredi à la Douma, chambre basse, avant un vote le même jour des sénateurs du Conseil de la Fédération.

« Comme si c’était la première fois »

L’opposition, et notamment sa figure de proue Alexeï Navalny, a vigoureusement dénoncé cette réforme, affirmant que le président voulait rester au pouvoir indéfiniment. « Poutine est au pouvoir depuis 20 ans, mais il pourra aller (à l’élection) comme si c’était la première fois », a-t-il dénoncé sur Twitter dans la foulée du vote des députés.

Vladimir Poutine a répété plusieurs fois dans le passé qu’un dirigeant qui ferait tout pour garder ses pouvoirs risquerait de « détruire » le pays, assurant ne pas vouloir suivre cette voie. Confronté à une chute du niveau de vie et après une impopulaire réforme des retraites, Vladimir Poutine a aussi décidé d’inscrire dans la Constitution le principe d’un salaire minimum garanti et d’une indexation des pensions de retraite.