Attaque en Crimée: Le tueur voulait se venger des «humiliations subies», selon son ex-petite amie

TUERIE En l'absence de version officielle, les médias se sont penchés sur la personnalité et l'entourage du tueur de 18 ans...

20 Minutes avec AFP

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Les enquêteurs cherchent à déterminer les motivations du tueur de Crimée.
Les enquêteurs cherchent à déterminer les motivations du tueur de Crimée. — Andrey PETRENKO / AFP

Au lendemain de l'attaque qui a fait 20 morts dans le lycée de Kertch en Crimée, les enquêteurs se penchent désormais sur les motivations du tueur. Qu’est-ce qui a conduit ce Russe de 18 ans, qui n’a jamais fait preuve d’agressivité, à passer à l’acte sur ses camarades ? La presse a qualifié ce massacre qualifié de « Columbine russe ».

En l’absence de version officielle, les médias se sont penchés sur la personnalité et l’entourage du tueur, identifié par les autorités comme Vladislav Rosliakov, 18 ans. Son ex-petite amie, interrogée par la chaîne de télévision RT, a expliqué sous couvert d’anonymat que le jeune homme racontait « ne plus faire confiance aux gens depuis que des personnes dans sa classe avaient commencé à l’humilier parce qu’il n’était pas comme les autres ». « Vladislav me disait tout le temps qu’il se disputait souvent avec son entourage », a-t-elle dit, affirmant qu’il « ne voulait plus vivre » et entendait se venger des humiliations subies. « Lorsque nous étions ensemble, tout allait bien. Il était gentil et sensible. Il m’aidait lorsque ça n’allait pas », a ajouté la jeune fille. Selon elle, Vladislav Rosliakov était passionné de tir et « aimait différent type d’armes ».

Un combattant expérimenté

Selon le quotidien Kommersant, le jeune homme a « grandi dans une famille assez pauvre » : son père, handicapé, ne vivait pas avec sa mère, qui travaille dans une clinique médicale et est membre des Témoins de Jéhovah, une organisation considérée comme « extrémiste » et interdite en Russie. Le dernier bilan de la tuerie publié par les autorités fait état de 20 morts, dont neuf mineurs, et d’une quarantaine de blessés, en majorité des élèves de ce lycée de Kertch, qui accueille des adolescents suivant des cursus techniques.

Plusieurs médias font le rapprochement avec la tuerie dans un lycée de Colombine aux Etats-Unis qui avait fait 13 morts en 1999. La diffusion de photos présumées du tueur de Kertch diffusées mercredi sur internet le montrent portant une tenue similaire à celle d’Eric Harris, l’un des deux auteurs du massacre. Le tueur « se déplaçait de salle en salle et, comme un combattant expérimenté des forces spéciales, jetait d’abord une grenade artisanale avant d’entrer en tirant au fusil sur les gens », souligne Kommersant. Le quotidien évoque un « crime sans précédent pour la Russie », où existe un contrôle strict des armes à feu, contrairement aux Etats-Unis.

Eviter les décisions « impulsives »

Le dirigeant de la Crimée, Sergueï Aksionov, a estimé jeudi que le tueur « n’a pas agi seul ». « Un tel événement préparé à l’avance, à mon avis et de l’avis de mes collègues, ne pouvait être réalisé en solitaire », a-t-il déclaré. Les enquêteurs cherchent désormais à savoir si le tueur présumé avait ou non des complices et s’il a agi « sous l’influence » de quelqu’un.

Alors que certaines voix se sont élevées en Russie pour appeler à durcir la législation sur le port d’arme, le porte-parole du Kremlin a indiqué que des « décisions impulsives » étaient à éviter. Le pouvoir dit vouloir privilégier « une approche sérieuse et systémique » du problème des tueries dans les écoles. « C’est une tendance très dangereuse qui demande une analyse profonde. Il faudra prendre des mesures pour minimiser ou exclure totalement de tels risques dans le futur », a affirmé Dmitri Peskov.