Des avions russes ont survolé huit fois des frégates françaises «de façon inamicale» ces derniers mois

MONDE Les océans sont le théâtre d’une présence croissante de « puissances ré-émergentes » comme la Chine ou la Russie, selon l'armée française...

M.C. avec AFP

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La frégate «Aquitaine» de la Marine française, à Brest, en 2017.
La frégate «Aquitaine» de la Marine française, à Brest, en 2017. — FRED TANNEAU / AFP

Les survols inamicaux de frégates françaises par des aéronefs russes se sont multipliés depuis l’été dernier. « Au cours de ces huit derniers mois, ce type d’événement s’est produit à huit reprises », a déclaré le chef d’état-major de la Marine française, l’amiral Christophe Prazuck. Il s’exprimait le 11 avril devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, qui a mis en ligne dernièrement le compte rendu de l’audition.

Depuis 2015, une frégate française est stationnée en permanence au large de la Syrie, où l’aviation russe soutient les forces du président Bachar al-Assad, a-t-il rappelé. Début avril, la frégate multimissions (FREMM) Aquitaine a été « survolée par un avion de chasse russe, armé, qui avait décollé de la base de Tartous (Syrie), bien en deçà des distances de sécurité généralement observées par les autres appareils », a rappelé l’amiral Prazuck, estimant que « cet acte aurait pu être la source d’un accident ».

Cette action, quelques jours avant que la France, les Etats-Unis et le Royaume uni ne rispostent à l’attaque chimique du 7 avril à Douma, près de Damas, a conduit l’équipage à rappeler à l’appareil russe les règles de survol, selon des sources militaires.

Une frégate française « marquée » par une frégate chinoise

Le 14 avril, trois missiles de croisière navals MdCN, d’une portée de 1.000 km, ont été tirés par une FREMM française déployée en Méditerranée orientale lors des frappes occidentales contre les capacités chimiques du régime syrien. Les océans sont plus globalement le théâtre d’une présence croissante de « puissances ré-émergentes » comme la Chine ou la Russie, a souligné le chef d’état-major de la Marine française.

« La Chine construit en quatre ans l’équivalent de la Marine française et la Russie a multiplié par 1,5 le nombre de ses sous-marins. La posture navale et stratégique de ces pays a donc changé depuis ces dernières années », a-t-il relevé.

La frégate française Vendémiaire s’est ainsi « fait marquer par une frégate chinoise de façon continue entre Hong Kong et Brunei » lors d’un passage dans l’archipel des Spratleys, où Pékin a engagé la construction très controversée d’îles artificielles à des fins civiles ou militaires, a noté l’amiral Prazuck.

La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, des prétentions contestées par d’autres riverains comme le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et Taïwan. « Entre six à dix fois par an, un bâtiment français navigue en mer de Chine méridionale afin de faire prévaloir le droit maritime international », a indiqué l’amiral Prazuck.