Affaire Skripal: Moscou suggère une possible «mise en scène» de Londres

GRANDE-BRETAGNE La diplomatie russe a longuement dénoncé les « incohérences » de la version présentée par Londres...

20 Minutes avec AFP

— 

Selon la BBC, l'homme visé serait Serguei Skripal, un ex-colonel du renseignement militaire russe, photographié ici dans un tribunal de Moscou en 2006.
Selon la BBC, l'homme visé serait Serguei Skripal, un ex-colonel du renseignement militaire russe, photographié ici dans un tribunal de Moscou en 2006. — Misha Japaridze/AP/SIPA

La Russie contre-attaque. Le ministère russe des Affaires étrangères a mis en doute ce mercredi les accusations de Londres qui la met en cause dans l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, suggérant que les autorités britanniques avaient pu le mettre en scène.

« Soit les autorités britanniques ne sont pas en mesure de fournir une protection contre ce type, disons-le ainsi, d’attaque terroriste, soit elles ont directement ou indirectement - je n’accuse personne de quoi que ce soit - mis en scène une attaque contre un citoyen russe », a expliqué le ministère des Affaires étrangères russes.

Des « incohérences » dans la version présentée par Londres

Face à un front commun occidental et visé par des sanctions britanniques, le ministère des Affaires étrangères avait invité tous les diplomates en poste à Moscou pour exposer sa position sur l’attaque ayant visé Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.

Lors de cette réunion snobée par l’ambassadeur britannique, le haut diplomate russe Vladimir Ermakov a longuement dénoncé les « incohérences » de la version présentée par Londres, regrettant n’avoir « aucune clarté » sur la « principale question » préoccupant selon lui Moscou : « Qu’est-il arrivé à deux citoyens russes ».

« Tout cela a pu être mis en scène outre-Atlantique »

« Si l’on fantasme, on peut s’imaginer que tout cela a pu être mis en scène outre-Atlantique », aux Etats-Unis, a-t-il ajouté. « N’importe quelle substance toxique militaire aurait fait de multiples victimes sur le lieu de l’empoisonnement. Mais à Salisbury, ce n’était pas du tout le cas », a affirmé ce diplomate, responsable du département du ministère chargé de la non-prolifération et le contrôle des armements.

>> A lire aussi : Mais qui a empoisonné l'ex-agent double Sergueï Skripa?

L’empoisonnement de Sergueï Skripal a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l’annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres dont les relations étaient déjà glaciales. Accusant la « Russie de Poutine » d’avoir ordonné cet empoisonnement, Londres a expulsé 23 diplomates russes du territoire britannique et annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie, qui clame son innocence, a rétorqué en expulsant à son tour 23 diplomates britanniques et en mettant fin aux activités du British Council dans le pays.