Ex-espion russe empoisonné: Londres expulse 23 diplomates russes, Washington accuse Moscou à l'ONU

DIPLOMATIE Theresa May a annoncé les sanctions de la Grande-Bretagne envers la Russie ce mercredi matin...

20 Minutes avec AFP

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Theresa May lors d'un discours sur le Brexit, le 2 mars 2018.
Theresa May lors d'un discours sur le Brexit, le 2 mars 2018. — Jonathan Brady / POOL / AFP

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé ce mercredi l’expulsion de 23 diplomates russes du Royaume-Uni, après avoir jugé la Russie « coupable » de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal sur le sol britannique. Elle a reçu un soutien marqué de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU : « Nous pensons que la Russie est responsable. Les Etats-Unis sont absolument solidaires du Royaume-Uni », a déclaré Nikki Haley, première voix américaine à accuser aussi clairement Moscou dans cette affaire.

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Theresa May, elle, a dit regretter « la voie » suivie par Vladimir Poutine en matière diplomatique, lors d’une allocution devant les députés britanniques. « Beaucoup d’entre nous ont tourné leurs regards avec espoir vers la Russie post-soviétique. Nous voulions une meilleure relation, et il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie », a-t-elle dit.

Boycott diplomatique et royal de la Coupe du monde

La cheffe du gouvernement britannique a annoncé la « suspension des contacts bilatéraux » avec Moscou. La Russie disposait jusqu’ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. Theresa May a également indiqué qu’il n’y aurait aucun représentant diplomatique ou royal britannique à la Coupe du monde en Russie.

L’ambassade russe en Grande-Bretagne a rapidement réagi en dénonçant une réaction britannique « hostile, inacceptable et injustifiée ». Theresa May s’exprimait dix jours après l'empoisonnement d'un ex-espion, Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, victimes d’une attaque avec un agent innervant militaire de fabrication russe à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

La riposte russe « ne se fera pas attendre »

La Russie a accusé Londres d’avoir « fait le choix de la confrontation » avec la Russie en lui imposant des sanctions, dont l’expulsion de 23 diplomates, promettant une riposte rapide sans en dévoiler la teneur.

Alors que Moscou était « prête » à coopérer, « le gouvernement britannique a fait le choix de la confrontation avec la Russie », a dénoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « Bien évidemment, nos mesures de riposte ne se feront pas attendre », a-t-il ajouté, critiquant « une série de mesures hostiles » et une « campagne antirusse ».

Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU

L’escalade des tensions entre les deux pays intervient à quelques jours de l’élection présidentielle en Russie, dimanche, dont le président Vladimir Poutine est le grand favori, et à quelques mois de la Coupe du monde de football en Russie.

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Tentant de réunir le soutien de ses alliés et de la communauté internationale, au moment où le pays s’apprête à quitter l’Union européenne, la cheffe du gouvernement britannique a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui se tiendra ce mercredi à 19 h GMT (20 hen France), a annoncé la présidence néerlandaise en exercice de la plus haute instance de l’ONU. Le Royaume-Uni y « informera » le Conseil sur l’empoisonnement de l’ex-espion russe.

Les principaux alliés du Royaume-Uni, France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis, ont apporté leur soutien aux Britanniques. L’Otan a de son côté sommé la Russie de répondre aux questions posées par le Royaume-Uni et dénoncé mercredi l’empoisonnement de Skripal comme « une violation flagrante des normes et accords internationaux » sur les armes chimiques.