Syrie: Poutine «persuadé» que Damas n'a pas commis d'attaque chimique

DIPLOMATIE L'attaque de Khan Cheikhoun a fait 88 morts le 4 avril...

20 Minutes avec AFP

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Vladimir Poutine et Emmanuel Macron
Vladimir Poutine et Emmanuel Macron — ETIENNE LAURENT / POOL / AFP

Vladimir Poutine en est « persuadé », le régime syrien n’a pas commis « l’attaque chimique » meurtrière perpétrée début avril. Le chef d’Etat russe a par ailleurs déclaré être « d’accord » avec « la ligne rouge » fixée par son homologue français Emmanuel Macron, dans une interview sur le site Internet Figaro live mardi.

« Selon nos informations, il n’y a aucune preuve d’utilisation d’armes chimiques par [le président syrien Bachar al-] Assad. Nous sommes persuadés qu’il ne l’a pas fait », a déclaré Vladimir Poutine dans cet entretien, au lendemain d’une première rencontre à Versailles avec Emmanuel Macron.

Macron et Poutine d’accord sur « la ligne rouge »

Plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont accusé Damas d’avoir été responsable de l’attaque de Khan Cheikhoun, qui avait fait 88 morts le 4 avril, et le président américain Donald Trump avait même ordonné trois jours plus tard des frappes en représailles sur une base aérienne du régime.

Interrogé sur « la ligne rouge » évoquée lundi à Versailles par Emmanuel Macron, qui a prévenu que « toute utilisation d’armes chimiques » serait suivie d’une « riposte immédiate » de la France, le président russe a dit être « d’accord ».

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« Je suis d’accord. Plus que ça, je pense que cette question doit être posée dans un contexte plus large. Le président Macron a été d’accord. Contre toute personne, toute force ayant utilisé les armes chimiques, la communauté internationale doit établir une politique commune et donner une réponse qui rendrait l’utilisation d’armes chimiques impossible, tout simplement », a-t-il déclaré.

Paris accuse Damas d’être à l’origine de l’attaque

Un rapport des services de renseignement français fin avril a estimé que l’attaque de Khan Sheikou portait la « signature » du pouvoir à Damas, et a accusé le régime de détenir des armes chimiques de guerre, en violation de ses engagements pris en 2013.

Depuis le début de la guerre en Syrie, en mars 2011, le régime a été accusé à plusieurs reprises d’avoir eu recours aux armes chimiques. Des dizaines d’autres attaques de moindre ampleur que celle de Khan Cheikhoun sont suspectées, témoignant de la banalisation de l’arme chimique, même si les responsabilités sont extrêmement délicates à prouver.