Russie: Le petit-fils de Staline décède d'un cancer à 75 ans

MONDE Alexandre Bourdonski, le petit-fils du dictateur russe Joseph Staline, est décédé ce mercredi d’un cancer…

Marie Lombard

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Alexandre Bourdonski en 2015 sur la chaîne russe Новости на Первом Канале
Alexandre Bourdonski en 2015 sur la chaîne russe Новости на Первом Канале — Capture d'écran Новости на Первом Канале
  • Alexandre Bourdonski n’a pas beaucoup connu son impitoyable grand-père
  • Il a changé de nom en 2015 car il lui fermait des portes

Il s’était démarqué de sa lignée. Petit-fils de Staline, Alexandre Bourdonski est décédé ce mercredi d’un cancer cumulé à des problèmes de cœur. Agé de 75 ans, le fils du second enfant de Joseph Staline exerçait en tant que metteur en scène au Théâtre académique central de l’armée russe à Moscou. Une voix bien différente de celle de son grand-père. En 20 ans de carrière, il a monté plus de 20 pièces ce qui lui a permis de se forger une solide réputation dans le monde de l’art moscovite.

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Né en 1941 de l’union de Vassili Djougachvili et Galina Aleksandrovna Bourdonskaïa, Alexandre Bourdonski n’a pas beaucoup connu son impitoyable grand-père, mort en 1953 après avoir dirigé l’URSS pendant 31 ans. Son géniteur, ancien de l’armée de l’air soviétique, s’était en effet brouillé avec Joseph Staline quelques années après sa naissance. Il est mort alcoolique en 1962.

Encart annonçant le décès du metteur en scène Alexandre Bourdonski sur le site du Théâtre académique central de l'armée russe
Encart annonçant le décès du metteur en scène Alexandre Bourdonski sur le site du Théâtre académique central de l'armée russe - Screenshot site http://teatrarmii.ru/

 

Pourtant, Alexandre Bourdonski est revenu il y a deux ans sur les maigres souvenirs qu’il conservait de son grand-père vivant. « Je l’ai vu durant les parades de mai et novembre depuis les stands. Je ne l’ai vu de près… que quand il était étendu, mort. » a-t-il ainsi raconté à une chaîne de télé russe avant de confier que pour lui, son grand-père incarnait un personnage shakespearien, « à la fois fou et génie ». S’il n’a pas connu longtemps Joseph Staline, celui-ci reste pour lui une figure dominante du XXe siècle, malgré sa cruauté et sa tyrannie.

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Cette reconnaissance de la place de son ancêtre n’a cependant pas interféré dans la décision d’Alexandre Bourdonski de changer de nom en 2015, afin d’abandonner le patronyme qui lui fermait des portes dans domaine du spectacle. Le petit-fils se diffère ainsi de son cousin Evgueny Djougachvili, mort en décembre après avoir poursuivi devant la Cour européenne des droits de l’homme un journal russe qui qualifiait Joseph Staline de « cannibale assoiffé de sang ». Il demandait la publication d’un démenti et dix millions de roubles (227.000 euros) de dommages et intérêts. La cour l’a débouté de sa requête, arguant que le « Petit père des peuples » ferait « inévitablement l’objet d’une critique publique ».