Russie: La dépénalisation des violences domestiques approuvée par les députés

SOCIETE Tant qu’elles ne causent pas de blessures graves et en l’absence de récidive, les violences à l’intérieur du cercle familial devraient devenir passibles d’une simple amende…

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une femme battue et de violences conjugales.
Illustration d'une femme battue et de violences conjugales. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les députés russes ont adopté ce vendredi en troisième lecture un projet de loi dépénalisant les violences domestiques. Les violences commises au sein d’une même famille, y compris contre les enfants ou le conjoint, tant qu’elles n’ont pas causé de blessures graves ni eu de précédent, sont concernées par ce texte.

La loi, adoptée par 380 députés contre seulement trois voix contre, doit encore être votée par les sénateurs puis promulguée par Vladimir Poutine, généralement une formalité.

Si des violences sont constatées, la loi prévoit une amende de 30.000 roubles (470 euros). Actuellement, la législation inflige jusqu’à deux ans de prison aux coupables de violences domestiques.

Donner une seconde chance

Surnommé « la loi sur les gifles », le texte est soutenu par de nombreux parlementaires conservateurs, qui estiment qu’elle donne une seconde chance aux personnes concernées. « Si vous giflez votre enfant mal élevé, vous risquez jusqu’à deux ans de prison. Si votre voisin fait de même, il n’aura qu’une amende », a justifié sur son blog l’une des auteurs de la loi, la sénatrice Elena Mizoulina.

« Nous voulons montrer que les députés russes ne vont pas suivre les excès que nous voyons en Europe de l’Ouest », a commenté lors des débats le député du parti Russie unie Andreï Issaïev.

Selon lui, les enfants européens « dénoncent leurs parents » auprès des autorités, pour que celles-ci leur retirent la garde s’ils sont trop sévères.

Les propositions des députés communistes qui demandaient de ne pas dépénaliser les violences ayant visé des enfants ou des femmes enceintes ont été rejetées par la Douma russe (chambre basse du Parlement).

4.000 victimes en 2015

« Qualifier de violences domestiques certains gestes au sein de la famille, c’est dramatiser du point de vue juridique […]. Ce n’est pas correct », a de son côté expliqué Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, qui soutient le projet.

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Pour rappel, les violences domestiques, notamment sous l’influence de l’alcool, sont un problème répandu en Russie. En 2015, plus de 4.000 personnes ont été tuées par un membre de leur famille, selon le comité du Kremlin pour les droits de l’Homme, citant le ministère russe de l’Intérieur. D’après cette même source, 40 % des crimes violents les plus graves ont lieu dans le cercle familial.