VIDEO. Poutine à Paris? «Cela aurait été embarrassant», analyse Ayrault

RUSSIE Moscou se trouve « dans une situation d’isolement » sur la scène internationale, d’après le chef de la diplomatie française…

N.Beu. avec AFP

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Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault — DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Si Poutine a renoncé à sa visite sur le sol français, c'est donc par peur de l'embarras. Ce n'est évidemment pas la version du Président russe, mais c'est en tout cas la théorie du ministère des Affaires étrangères français,  Jean-Marc Ayrault. « Cela aurait été très embarrassant » pour lui de venir, au moment où les bombardements russes s’intensifient sur Alep, a ainsi estimé le chef de la diplomatie française.

« Vladimir Poutine a refusé de venir parler de la Syrie, c’est ça qu’il faut retenir. Et ça, je le regrette », a déclaré Ayrault sur Europe 1, au lendemain de l’annonce par le Kremlin de l’annulation de la visite de Vladimir Poutine à Paris, prévue le 19 octobre. La présidence française avait fait savoir qu’une réunion de travail à cette occasion était possible à condition d’être uniquement consacrée à la Syrie.

Le cas Boris Johnson

A l’origine, Vladimir Poutine devait venir à Paris pour inaugurer avec son homologue français, François Hollande, une exposition organisée par la Fondation Vuitton sur la collection du mécène russe Sergueï Chtouchkine, ainsi qu’une nouvelle cathédrale orthodoxe russe en plein Paris. « Cela aurait été complètement surréaliste », a estimé Ayrault, compte tenu de la situation en Syrie.

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« En réalité, Vladimir Poutine a renforcé ses bombardements sur Alep, donc j’imagine que venir à Paris pour parler de la Syrie, ça aurait été très embarrassant », a poursuivi le ministre, qui a estimé que Moscou se retrouvait « dans une situation d’isolement » sur la scène internationale. Interrogé sur l’appel lancé aux pacifistes par le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, à manifester devant l’ambassade de Russie à Londres, Ayrault s’est interrogé : « est-ce que c’est le rôle d’un ministre des Affaires étrangères d’organiser des manifestations ? »