Téhéran critique Moscou pour avoir annoncé des raids menés depuis l'Iran

DIPLOMATIE L'Iran a annoncé l'arrêt de ces raids...

20 Minutes avec AFP

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Un Tupolev Tu-22M3 russe
Un Tupolev Tu-22M3 russe — AFP PHOTO / RUSSIAN DEFENCE MINISTRY

L’Iran a annoncé ce lundi l’arrêt « pour le moment » des raids menés par la Russie en Syrie à partir d’une de ses bases aériennes, après des critiques du ministre iranien de la Défense contre l’allié russe.

Téhéran n’a pas apprécié que son allié révèle son utilisation d’une base aérienne iranienne en vue de mener des frappes en Syrie, où il aide le régime dans sa guerre contre les djihadistes et les rebelles.

« Naturellement, les Russes veulent montrer qu’ils sont une superpuissance et un pays influent et qu’ils sont impliqués activement dans les questions de sécurité dans la région et le monde », a déclaré le ministre de la Défense Hossein Dehghan, dans une interview à la télévision iranienne Channel 2, diffusée dimanche soir.

Moscou cherche à « se mettre en avant »

Mais derrière l’annonce des raids à partir d’une base en Iran, il y a une volonté « de se mettre en avant, sans égard » pour l’Iran, a-t-il ajouté.

L’Iran et la Russie sont les principaux alliés du régime syrien de Bachar al-Assad dans la guerre civile qui ravage son pays depuis plus de cinq ans.

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Téhéran reste discrète sur la portée de son aide militaire au régime alors que Moscou, qui dispose en Syrie d’une base aérienne, annonce régulièrement des raids aériens et parfois une implication au sol de ses soldats.

La semaine dernière, le ministère russe de la Défense a annoncé que ses bombardiers Su-34 avaient mené des raids aériens contre des cibles djihadistes en Syrie en décollant pour la première fois de l’aérodrome de Hamedan dans le nord-ouest de l’Iran.

Une collaboration non remise en cause

Les raids survenus la semaine dernière faisaient partie d’une « mission précise et autorisée et elle est maintenant terminée. Ils (les Russes) ont mené ces raids et ils sont partis », a expliqué lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bahram Ghasemi à des journalistes à Téhéran.

C’était la première fois que la Russie utilise le territoire d’un pays tiers pour procéder à des frappes en Syrie depuis le déclenchement de sa campagne militaire, en septembre 2015.

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Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les avions de combat russes avaient « pris part à une opération antiterroriste en Syrie à la demande des autorités légales syriennes et avec le consentement de l’Iran ».

Ce sujet est très sensible pour l’Iran dont la Constitution interdit tout stationnement de troupes étrangères sur son sol.

« Nous avons collaboré et nous continuerons de collaborer avec la Syrie et la Russie », a toutefois assuré le ministre iranien de la Défense.