VIDEO. Avion de chasse abattu: La Turquie veut un «face-à-face» avec la Russie à Paris

DIPLOMATIE Après l'avion militaire russe abattu par les Turcs, le ton continue de monter entre Moscou et Istanbul...

A.-L.B. avec AFP

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Les présidents russe et turc Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le 16 novembre 2015 à Antalya, en Turquie.
Les présidents russe et turc Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le 16 novembre 2015 à Antalya, en Turquie. — Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

La Russie est furieuse contre la Turquie, après qu’Istanbul a abattu un avion militaire russe près de la frontière syrienne, mardi. Moscou a multiplié les menaces et annoncé des rétorsions économiques, évacuant cependant une riposte militaire. La Turquie, de son côté, n’entend pas se laisser dicter sa politique.

Ce vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit vouloir rencontrer « face-à-face » son homologue russe Vladimir Poutine lors du sommet sur le climat de Paris.


« Je ne voudrais pas que ce problème [l’avion de chasse abattu] nuise à nos relations », a déclaré le chef de l’Etat turc. Il a répété que l’armée turque « ne connaissait pas la nationalité » de l’appareil et qu’elle n’avait pas « délibérément abattu un avion russe ». L’armée n’aurait fait qu'« appliquer les règles d’engagement » en vigueur, a-t-il précisé.

Explication de texte entre les deux pays

Ce « face-à-face » s’annonce pour le moins tendu. Istanbul refuse de formuler les excuses qu’exige la Russie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a en effet jugé « inacceptables » les critiques et accusé la Russie de « jouer avec le feu » en soutenant le régime du président syrien contesté Bachar al-Assad.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a affirmé un peu plus tôt que son pays allait « travailler » avec la Russie pour « apaiser les tensions », dans une tribune publiée vendredi dans le quotidien britannique The Times.

Un ton bien différent que celui adopté par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Toujours ce vendredi, il a estimé que la Turquie a « dépassé les limites de ce qui est acceptable » en abattant mardi le bombardier russe. Le diplomate a par ailleurs annoncé que Moscou a décidé de rétablir les visas pour les Turcs voulant se rendre en Russie, mettant fin au régime d'exemption en vigueur entre les deux pays.