Syrie: La Russie affirme frapper Daesh dans des zones où le groupe n'est pas

TERRORISME L'Observatoire syrien des droits de l'Homme soutient que le groupe n'a pas de présence à Idleb où la Russie dit avoir visé un camp d'entraînement....

20 Minutes avec AFP

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De la fumée dans la province de Homs après un raid aérien russe, le 30 septembre 2015.
De la fumée dans la province de Homs après un raid aérien russe, le 30 septembre 2015. — Uncredited/AP/SIPA

A qui s'attaque la Russie? Le doute demeure. Des frappes russes ont détruit ce samedi un poste de commande de l’organisation Etat islamique en Syrie. Selon le ministère de la Défense russe, une série de frappes ces dernières 24 heures ont détruit un poste de commandement et un bunker de l'EI près de la ville de Raqa, la «capitale» de l'organisation extrémiste située dans le nord-est du pays en guerre.

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Et les frappes sur Idleb, qui visent-elles? Les avions russes ont détruit un entrepôt de munitions et visé un camp d'entraînement du groupe djihadiste dans la province d'Idleb (nord-ouest), selon le ministère. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de frappes russes avant l'aube contre des positions de Daesh aux environs de Raqa. Mais l'ONG soutient que le groupe n'a pas de présence à Idleb. De quoi renforcer les inquiétudes.

Des doutes sur les intentions russes

Pour le président américain Barack Obama, une coopération avec la Russie sur le dossier syrien reste possible à condition qu'il reconnaisse qu'un changement de régime est nécessaire. Mais Moscou ne veut rien entendre et considère le régime Assad comme un rempart face à l'EI. Depuis le début de ses opérations militaires mercredi en Syrie, la Russie a visé l'EI mais surtout aussi le groupe rebelle du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaida, et ses alliés islamistes, selon des sources syriennes et une ONG. Elle a également, dans une moindre mesure, frappé des petits groupes rebelles soutenus par les Etats-Unis.

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Le Front Al-Nosra, considéré comme un groupe «terroriste» également par Washington, et ses alliés ont infligé le plus de revers au régime Assad cette année, alors que l'EI a concentré sa guerre contre les groupes rebelles rivaux à qui il a pris plusieurs régions. A la différence des pays occidentaux et comme le pouvoir syrien, le Kremlin qualifie de "terroriste" tout groupe combattant le régime Assad.