Daesh ou rebelles... Qui la Russie a-t-elle frappé en Syrie?

MOYEN-ORIENT La France et les Etats-Unis accusent la Russie de ne pas viser Daesh...

T.L.G.

— 

ONU: Poutine réaffirme son soutien au régime d'Assad
ONU: Poutine réaffirme son soutien au régime d'Assad — -, Emmanuel Defouloy UNTV

La Russie a mené ses premières frappes en Syrie mercredi. Américains et Européens ont très vite émis des doutes sur les cibles choisies par l’aviation russe. Quels objectifs pour Moscou ? Frapper l’Etat islamique, ou renforcer militairement le régime de Bachar al-Assad ? 20 Minutes fait le point.

Qui l’aviation russe a-t-elle frappé ?

Mercredi, les avions russes ont bombardé deux provinces dans le centre de la Syrie. La télévision officielle syrienne a confirmé que les frappes russes avaient eu lieu dans les provinces de Hama (nord-ouest) et Homs (centre), tandis que l’armée syrienne a mené un raid dans la région de Lattaquié (nord-ouest). Selon le ministère russe de la Défense, les chasseurs russes ont effectué vingt sorties aériennes et touché « huit cibles du groupe Etat islamique » en Syrie, détruisant notamment un poste de commandement de l’EI.

Ces frappes auraient, selon une ONG, principalement visé Al-Qaïda et des rebelles islamistes. « Les Russes ont frappé le nord de Homs aujourd’hui et tué 36 civils innocents dans des zones où les djihadistes de l’Etat islamique ont été combattus et vaincus », a déclaré Khaled Khoja, le chef de la coalition nationale syrienne en exil.

Comment ont réagi les « Occidentaux » ?

La France, puis les Etats-Unis, ont émis des réserves sur le choix des cibles. Il y a « des indications selon lesquelles les frappes russes n’ont pas visé Daesh », a déclaré à New York Laurent Fabius, ajoutant qu’il « faudrait vérifier quels étaient les objectifs » des avions russes.

« Ce n’est pas sur Daesh qu’ils (les Russes) ont frappé, c’est sans doute sur les groupes d’opposition, ce qui confirme qu’ils sont davantage dans le soutien au régime de Bachar al-Assad que dans la lutte contre Daesh », a affirmé une source diplomatique française sous couvert d’anonymat.

Un argument repris par le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter. « Il semble qu’elles [les frappes] étaient dans des zones où il n’y avaient probablement pas de forces de l’organisation Etat islamique », a-t-il dit. Washington est disposé à accueillir favorablement les bombardements russes s’ils visent « réellement » l’EI, a ajouté le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

La Russie se défend

L’aviation russe affirme avoir procédé à des « frappes de précision », détruisant notamment des « équipements militaires », des moyens de communication et des « stocks d’armes et de munitions » de daesh.

« Les rumeurs indiquant que les objectifs de ces frappes n’étaient pas l’EI ne sont en rien fondées », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, ajoutant n’avoir « aucune information » concernant d’éventuelles victimes civiles. Sergueï Lavrov a indiqué que son pays intervenait pour combattre « exclusivement l’Etat islamique et les autres groupes terroristes ». Sur France Info, l’ambassadeur russe en France a tendu la main aux « Occidentaux ».

« Si des pays comme les Etats-Unis et la France sont prêts à coordonner leurs efforts militaires en Syrie, nous sommes prêts à aller très loin dans cette coordination. On peut aller jusqu’à répartir des cibles », espérant des « élections en Syrie, libres et sous contrôle international, quand on en aura fini avec l’Etat islamique" dans un an ».

Rencontre entre Russes et Américains

La Russie et les Etats-Unis sont tombés d’accord mercredi sur une réunion d’urgence. Celle-ci portera sur ce que John Kerry a appelé en anglais la « deconfliction » : il s’agit d’éviter tout incident militaire entre les aviations russes et ceux de la coalition internationale pilotée par les Etats-Unis, qui depuis un an frappe les positions de l’EI.