Election américaine: Le Kremlin n'affiche pas sa préférence entre Obama et Romney

© 2012 AFP

— 

Le Kremlin évite soigneusement d'afficher sa préférence en vue de la présidentielle aux Etats-Unis, mais quel que soit le gagnant -- Barack Obama ou Mitt Romney -- la Russie devrait pouvoir tirer profit de la situation, estiment des experts.
Le Kremlin évite soigneusement d'afficher sa préférence en vue de la présidentielle aux Etats-Unis, mais quel que soit le gagnant -- Barack Obama ou Mitt Romney -- la Russie devrait pouvoir tirer profit de la situation, estiment des experts. — Saul Loeb afp.com

Le Kremlin évite soigneusement d'afficher sa préférence en vue de la présidentielle aux Etats-Unis, mais quel que soit le gagnant -Barack Obama ou Mitt Romney- la Russie devrait pouvoir tirer profit de la situation, estiment des experts.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche en 2008, Obama a beaucoup contribué à la «relance» des relations russo-américaines, jusqu'alors marquées par des relents de Guerre froide, estime l'analyste indépendant Fiodor Loukianov. Sa réélection favoriserait la poursuite de la coopération diplomatique, économique et militaire entre Moscou et Washington: «Obama est plus prometteur, on peut discuter avec lui», souligne-t-il. «Les démocrates ont un discours plus pacifique. Et les autorités russes souhaitent qu'on les critique moins et qu'on ne les empêche pas d'agir à leur guise», lui fait écho Alexandre Konovalov, président de l'Institut des études stratégiques.

Romney président, «des pour et des contre»

Dans le même temps, la victoire du républicain Mitt Romney connu pour ses propos anti-russes pourrait tout aussi bien s'inscrire dans la ligne politique de Moscou, voire même présenter plus d'avantages. «Pour la politique intérieure, c'est bien d'avoir un homme qui dit que la Russie est l'ennemi numéro un» des Etats-Unis, cela donne au Kremlin un «bon prétexte pour la propagande» anti-américaine, estime Fiodor Loukianov.

Le président russe Vladimir Poutine est un habitué des discours cinglants envers l'Occident et la volonté du Kremlin «de profiter de la menace occidentale pour serrer la vis à l'intérieur est perceptible», note pour sa part Alexandre Konovalov. Une éventuelle élection de Mitt Romney à la présidence présenterait par ailleurs un avantage non-négligeable, selon Fiodor Loukianov: «S'il gagne, la Russie n'aura plus de problèmes dans ses relations avec les Etats-Unis, elles seront tout simplement gelées.»

Interrogé récemment sur son candidat préféré à la Maison Blanche, Vladimir Poutine a estimé qu'une présidence de Mitt Romney -qui qualifie la Russie d'ennemi géopolitique numéro un de Washington- avait «ses pour et ses contre». «Le fait que M. Romney nous considère comme l'ennemi numéro un, c'est une mauvaise chose. Mais le fait qu'il le dise ouvertement et honnêtement, c'est une bonne chose», a déclaré le président russe.

Pour Poutine, le plus important c'est la politique intérieure

La victoire de Mitt Romney qui «peut adopter une approche beaucoup plus négative» face à Moscou «renforcerait les attitudes anti-américaines en Russie», estime l'analyste Alexeï Makarkine, du Centre des technologies politiques. Cela permettrait au Kremlin de «serrer davantage la vis dans le pays et de continuer à se débarrasser des ONG internationales», affirme-t-il. «Poutine est prudent» et n'affiche de préférence pour aucun candidat, parce que «pour lui, ce n'est pas une priorité», explique Alexeï Makarkine. «Le plus important pour lui est la politique intérieure», souligne-t-il.

Vladimir Poutine, confronté ces derniers mois à une contestation sans précédent, a accusé le département d'Etat américain de financer les organisateurs des manifestations de l'opposition en Russie et placé sous contrôle étroit les ONG bénéficiant d'un financement étranger, en les obligeant à s'enregistrer comme «agents de l'étranger». La Russie a également mis fin à compter du 1er octobre aux activités de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), accusée d'ingérence dans la vie politique russe.