20 Minutes : Actualités et infos en direct
PortraitQui était le poète palestinien Refaat Alareer, tué dans une frappe à Gaza ?

Guerre Israël – Hamas : Qui était le poète palestinien Refaat Alareer, tué dans une frappe à Gaza ?

PortraitLe professeur de littérature anglaise à l’Université islamique de Gaza était controversé pour certaines de ses déclarations sur les réseaux sociaux
Refaat Alareer, poète palestinien, a été tué après des frappes meurtrières dans le nord de la bande de Gaza.
Refaat Alareer, poète palestinien, a été tué après des frappes meurtrières dans le nord de la bande de Gaza. - Capture écran Instagram / Capture écran Instagram
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Il « ne possédait qu’un stylo ». Refaat Alareer a été tué après des frappes israéliennes meurtrières dans le nord de la bande de Gaza, ont indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi ses proches et le ministère de la Santé du Hamas. Mais qui était-il ? Pourquoi est-il connu ? 20 Minutes fait le point sur sa vie.

Qui était Refaat Alareer ?

Refaat Alareer était professeur de littérature anglaise à l’Université islamique de Gaza. Le poète palestinien avait édité le livre « Gaza writes back », des chroniques de la vie à Gaza par de jeunes auteurs palestiniens, et publié « Gaza unsilenced », non traduits en français.

Passionné de Shakespeare, Refaat Alareer enseignait l’œuvre du tragédien anglais à ses étudiants à l’université de Gaza.

Pourquoi est-il connu ?

Il avait publié sur X un poème devenu viral intitulé « If I must die » (« Si je dois mourir ») qui se conclut par ces mots : « Que cela apporte de l’espoir, que cela soit un conte ». L’universitaire était l’un des cofondateurs du projet « We are not numbers » (« Nous ne sommes pas des chiffres »), jumelant des auteurs de Gaza à des « mentors » à l’étranger qui les aident à écrire des récits en anglais sur leur quotidien. Il était suivi par plus de 95.000 abonnés sur X (anciennement Twitter), après le 7 octobre.

Pourquoi est-ce une figure controversée ?

Certaines de ses déclarations ont été décriées. Sur X, il a notamment récusé les « mensonges/accusations de viol visant les Palestiniens », des « allégations » utilisées selon lui comme « un écran de fumée pour justifier le génocide de Gaza », en référence aux accusations de violences sexuelles qui auraient été commises par des hommes du Hamas le 7 octobre. Le mouvement islamiste avait rejeté ces accusations.

Des médecins et responsables israéliens affirment de leur côté que de multiples violences – dont des viols, viols en réunion et mutilations –, sont déjà largement documentées, à l’appui de témoignages directs et d’enquêtes médico-légales. Refaat Alareer avait aussi déclenché une polémique lors d’une interview sur la BBC en qualifiant de « légitime et morale » l’attaque du 7 octobre, la comparant « au soulèvement du ghetto [juif] de Varsovie » durant la Seconde Guerre mondiale.

Pourquoi est-il resté à Gaza ?

Quelques jours après le début des opérations terrestres israéliennes fin octobre, Refaat Alareer avait dit refuser de quitter le nord de Gaza, alors épicentre des combats. « Il n’existe aucun endroit sûr à Gaza, c’est pourquoi il a choisi de rester dans sa maison », explique son cousin Mohamed Alareer, qui a perdu « un ami à vie, tombé en martyr ».

« Toute la famille lui avait demandé de partir car c’était très dangereux mais il répondait toujours : "je suis seulement un universitaire, un civil, chez moi. Je ne partirai pas" », confie ce professeur d’histoire, présent vendredi à ses funérailles. « L’occupation [israélienne] est sans pitié et n’a aucune considération pour les universitaires, les médecins, les enseignants ou les journalistes ».

Sujets liés