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AttaqueTout comprendre à l’assaut israélien dans l’hôpital Al-Shifa de Gaza

Guerre Hamas – Israël : Ce que l’on sait du raid israélien dans l’hôpital Al-Shifa de Gaza

AttaqueCet établissement de santé, situé à l’ouest de la ville de Gaza, concentre à présent les combats
Guerre Hamas - Israël : Ce que l'on sait de la situation à l'hôpital d'Al-Shifa
Diane Regny

D.R. avec AFP

L'essentiel

  • Ce mercredi, l’armée israélienne a fait irruption jusque dans les couloirs de l’hôpital Al-Shifa, à Gaza.
  • L’Etat hébreu accuse le Hamas d’utiliser ce centre de soins comme base armée, une accusation que rejette l’organisation terroriste.
  • Les réactions inquiètes se sont succédé aujourd’hui face à cette opération israélienne et alors que les Gazaouis sont sans cesse pilonnés et manquent d’eau, de nourriture et de médicaments depuis le début de la guerre.

«Les mains en l’air ! » L’armée israélienne a sillonné les couloirs de l’hôpital Al-Shifa ce mercredi, sommant les Gazaouis réfugiés dans le centre de soins de se rendre, dans le cadre de ce qu’elle présente comme une « opération ciblée et de précision ». Cet établissement de santé, situé à l’ouest de la ville de Gaza, concentre à présent les combats, alors qu’Israël est entré en guerre après l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre dernier. Mais pourquoi l’Etat hébreu attaque-t-il un hôpital ? Quelles sont les réactions internationales ? 20 Minutes fait le point pour vous.

Que se passe-t-il mardi à l’hôpital Al-Shifa ?

L’armée israélienne est entrée, ce mercredi, dans l’hôpital Al-Shifa, le plus grand de la bande de Gaza, visant ce qu’elle présente comme une base stratégique du Hamas installée dans ce site où sont réfugiés des milliers de Palestiniens fuyant la guerre.

L’immense complexe hospitalier, depuis plusieurs jours au cœur des combats entre soldats israéliens et combattants islamistes, représente un objectif majeur pour Israël, qui a juré « d’anéantir » le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, depuis l’attaque sanglante lancée par le mouvement palestinien sur son sol le 7 octobre. Tôt ce mercredi matin, des dizaines de soldats israéliens, certains cagoulés et tirant en l’air, ont fait irruption dans cet hôpital et exigé que tous les hommes de « 16 ans et plus » se rendent.

Des soldats ont interrogé des personnes dans l’hôpital, dont des patients et des médecins, fouillant aussi des femmes et des enfants en pleurs. Des chars israéliens, qui encerclaient depuis plusieurs jours l’hôpital, sont entrés à l’intérieur, postés devant différents services, dont celui des urgences. Des files de Palestiniens, les mains en l’air, convergeaient vers la cour de l’hôpital, pendant que dans les couloirs, les soldats tiraient en l’air en allant de pièce en pièce, recherchant visiblement des combattants du Hamas.

Pourquoi Israël attaque-t-il cet hôpital ?

Depuis des années, Israël accuse le Hamas d’utiliser les hôpitaux de Gaza comme des bases, d’avoir creusé un réseau de tunnel sous Al-Shifa et de se servir de ses malades comme de « boucliers humains ». La Maison-Blanche a elle aussi assuré mardi que le Hamas et son allié le Jihad islamique, tous deux classés « terroristes » par les Etats-Unis, l’Union européenne et Israël, avaient « un centre de commandement et de contrôle depuis l’hôpital Al-Shifa ». Le Hamas a rejeté ces accusations, les qualifiant de « feu vert » à Israël « pour commettre de nouveaux massacres ». Une accusation que Washington a balayée à son tour mercredi soir.

« On nous avait demandé de ne pas pénétrer dans Gaza ? Eh bien, nous y sommes rentrés quand même. On nous a dit que nous n’arriverions pas à l’entrée de la ville de Gaza, nous y sommes arrivés. On nous a dit que nous ne pourrions pas rentrer dans l’hôpital Al-Shifa, nous y sommes », s’est félicité le Premier ministre Benyamin Netanyahou. « Il n’y a aucun endroit à Gaza » qu’Israël « n’atteindra pas », a-t-il martelé.

Quelle était la situation de l’hôpital avant cet assaut ?

Environ 2.300 personnes selon l’ONU, dont des patients, des soignants et des déplacés de guerre se trouvent à l’intérieur d’Al-Shifa dans des conditions désastreuses, sans eau ni électricité. Les médecins et des ONG internationales affirment qu’aucun d’eux ne peut en sortir sous peine d’être visé par des tirs alors que les combats font rage aux alentours.

Le directeur d’Al-Shifa, le docteur Mohammed Abou Salmiya, avait annoncé mardi qu’au moins « 179 corps » avaient dû être enterrés dans une fosse commune. « Il y a des corps qui jonchent les allées du complexe hospitalier et les chambres frigorifiées des morgues ne sont plus alimentées » en électricité, avait-il aussi raconté à l’AFP avant l’opération israélienne.

Quelles sont les réactions internationales ?

« Nous ne commenterons pas en détail une opération militaire israélienne en cours. Comme nous l’avons déjà dit, nous ne soutenons pas des frappes aériennes contre un hôpital et nous ne voulons pas voir d’échanges de tirs dans un hôpital où des personnes innocentes, démunies, malades cherchant à recevoir des soins, sont prises entre deux feux. Les hôpitaux et les patients doivent être protégés », a affirmé un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche dans une courte déclaration.

La France a exprimé dès mercredi « sa très vive préoccupation face aux opérations militaires israéliennes dans l’hôpital Al-Shifa » de Gaza, estimant que la population palestinienne n’avait « pas à payer pour les crimes du Hamas ». « Cela va trop loin et ne peut être accepté », a tancé le chef de la diplomatie norvégienne Espen Barth Eide, dans un courriel. « Cela aggrave une situation humanitaire déjà horrible à Gaza », a-t-il fait valoir.

« Les hôpitaux ne sont pas des champs de bataille » »

Martin Griffiths, responsable des opérations humanitaires d’urgence de l’ONU, s’est dit « horrifié » par l’annonce de « raids militaires ». « La protection des nouveau-nés, des patients, du personnel médical et de tous les civils doit primer sur toute autre préoccupation », et « les hôpitaux ne sont pas des champs de bataille », a-t-il ajouté sur le réseau social.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont dits « extrêmement inquiets ». Le CICR rappelle que « les patients, le personnel médical et les civils doivent être protégés à tout moment » et indique être en contact « avec les autorités concernées ». Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a jugé sur X que « les informations sur une incursion militaire dans l’hôpital d’Al-Shifa sont profondément préoccupantes ».

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