Guerre Hamas-Israël : Dôme de fer, ligne verte, Tsahal… Cinq mots pour mieux comprendre le conflit

Dictionnaire Certains mots employés par les experts sont spécifiques à l’un des camps ou au conflit lui-même

Xavier Regnier
Les missiles tirés par le système du Dôme de Fer empêchent les roquettes palestiniennes de frapper la ville de Netivot, en Israël.
Les missiles tirés par le système du Dôme de Fer empêchent les roquettes palestiniennes de frapper la ville de Netivot, en Israël. — MAHMUD HAMS / AFP

Depuis samedi et l’offensive du Hamas en Israël, 20 Minutes a produit de nombreux articles et interrogé de nombreux experts pour éclairer la reprise du conflit israélo-palestinien. Certains termes employés sont très spécifiques au contexte ou à l’un des deux camps, comme les kibboutz. On vous en décrypte quelques-uns ici.

Pogrom

Si le terme « pogrom », d’origine russe, s’est imposé dans plusieurs langues à la fin du XIXe siècle, les actes de persécutions contre les juifs remontent à l’Empire romain. Les pogroms désignent des épisodes de violences, de pillages et de massacres dans des quartiers ou des localités juives, perpétrés par une communauté majoritaire. De nombreux pogroms ont ainsi eu lieu en France, en Espagne, en Russie, en Autriche ou encore en Allemagne, le phénomène culminant avec le régime nazi. L’utilisation du terme dans un contexte arabo-musulman fait toutefois débat, certains spécialistes considérant les pogroms comme une expérience spécifique aux communautés juives d’Europe. Pour d’autres, les massacres perpétrés ces derniers jours par le Hamas dans les kibboutz sont assimilables à des pogroms.

Dôme de fer

C’est le nom du système de défense antiaérienne de l’Etat d’Israël, chargé d’intercepter les roquettes tirées depuis la bande de Gaza. Développé par la société Rafael Advanced Defense Systems et opérationnel depuis 2010, le système Iron Dôme est composé d’un radar capable de suivre 200 cibles par minute, d’un ordinateur de gestion de combat et d’un lanceur de missiles Tamir. Plusieurs batteries Iron Dôme ont été installées en divers points d’Israël. Le Dôme de fer ne peut toutefois pas gérer plusieurs centaines de roquettes à la fois, et coûte cher.

Brigades Izz al-Din al-Qassam

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, est composé de deux entités : une branche politique et une branche militaire, les Brigades al-Qassam. Cette branche est structurée comme une armée, avec différents niveaux de commandement, des camps de formation pour les soldats et un chef, Mohammend Deif. Né à Gaza et activement recherché par Israël, « l’invité » ne reste jamais deux nuits au même endroit. Il est l’artisan de la montée en gamme des Brigades, qui compteraient aujourd’hui entre 15.000 et 40.000 combattants très bien formés et équipés.

Tsahal

Le terme désigne l’acronyme en hébreu pour l’Armée de défense d’Israël, nom choisi par le gouvernement israélien en 1948. Son usage met donc en avant l’idée que l’armée défend Israël et sa population. L’armée israélienne était composée en 2022 d’environ 170.000 militaires actifs et de 465.000 réservistes issus de toutes les strates de la société israélienne, mais peut aussi s’appuyer sur près de 2,4 millions de jeunes hommes et femmes aptes au service militaire, obligatoire malgré des subtilités.

Ligne verte

Avant d’être le nom d’un chef-d’œuvre du cinéma, la Ligne verte est la ligne de démarcation entre les forces israéliennes et les forces arabes suite aux accords d’armistice en 1949. Elle est aussi appelée « frontière de 1967 », puisque cette ligne a servi de frontière jusqu’au 4 juin 1967, veille de la guerre des Six-Jours. Cette ligne a étendu la superficie d’Israël par rapport à ce qui était prévu dans le plan de partage de la Palestine, mais acte aussi la division de Jérusalem. Le « retour » à cette ligne, au-delà de laquelle Israël a depuis fondé des colonies, fait figure de frontière consensuelle pour les partisans de la création d’un Etat palestinien, qui comprendrait alors la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est.