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négociationsWashington « à court d’argent » pour aider Kiev, impasse au Congrès

Guerre en Ukraine : La Maison-Blanche « à court d’argent » pour aider Kiev, le bras de fer continue au Congrès

négociationsJoe Biden demande une enveloppe de 100 milliards pour l’Ukraine et Israël, mais les républicains exigent en échange un durcissement de la politique d’immigration
Volodymyr Zelensky et Joe Biden à la Maison Blanche le 21 septembre 2023.
Volodymyr Zelensky et Joe Biden à la Maison Blanche le 21 septembre 2023. - Julia Nikhinson/UPI//SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

«Nous sommes à court d’argent et bientôt à court de temps. » Selon la Maison-Blanche, l’aide militaire américaine à l’Ukraine pourrait être coupée net dans les prochaines semaines, faute d’accord budgétaire avec l’opposition républicaine.

Ultimatum de la Maison-Blanche

« Si le Congrès n’agit pas, d’ici la fin de l’année nous serons à court de ressources pour livrer plus d’armes et d’équipements à l’Ukraine et pour fournir du matériel venant des stocks militaires américains », a écrit la directrice du Budget de la Maison-Blanche Shalanda Young, dans un courrier adressé à Mike Johnson, patron de la Chambre des représentants, à majorité républicaine.

Le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, Jake Sullivan, a affirmé ensuite lors d’une conférence de presse que « le Congrès doit décider s’il faut continuer à soutenir le combat pour la liberté en Ukraine (…), ou s’il ignorera les leçons que nous avons apprises de l’Histoire et permettra (au président russe Vladimir) Poutine de l’emporter ».

60 milliards de dollars demandés

Le président démocrate Joe Biden avait demandé le 20 octobre au Congrès de voter une enveloppe exceptionnelle de plus de 100 milliards de dollars pour répondre aux urgences du moment, à savoir aider Israël et l’Ukraine et répondre aux arrivées de migrants à la frontière sud. Sur ce montant, plus de 60 milliards de dollars doivent aller à l’Ukraine, dont les Etats-Unis sont de loin le premier soutien depuis l’invasion par la Russie à la fin du mois de février 2022.

Vote cette semaine au Sénat

Les élus américains doivent être briefés ce mardi sur la situation en Ukraine, et le leader des démcrates, Chuck Schumer, pourrait demander un vote mercredi ou jeudi. Mais qu’une majorité de sénateurs républicains sont favorables à continuer de soutenir Kiev, ils menacent cette fois de voter non si les démocrates n’acceptent pas dans le même temps de durcir la politique migratoire à la frontière sud, notamment sur le droit d’asile. « Je ne voterai pour aucune aide tant que notre frontière n’est pas sécurisée », a menacé Lindsey Graham.

Pour éviter que le texte soit coulé par de l’obstruction parlementaire, 60 sénateurs sur 100 sont nécessaires. Les démocrates ont donc besoin du soutien de 10 républicains. Mais les négociations, dans l’impasse vendredi, semblent toujours sans issue.

Incertitude à la Chambre

Le nouveau Speaker républicain, Mike Johnson, a répondu sèchement à la Maison-Blanche sur X : « L’administration Biden est incapable de répondre aux inquiétudes légitimes (des conservateurs) de mon groupe parlementaire sur l’absence de stratégie claire pour l’Ukraine, sur une issue au conflit, ou sur la manière de superviser l’emploi de l’argent des contribuables américains. »

Alors que l’essentiel de ses collègues républicains refusent d’envoyer davantage d’aide à l’Ukraine, Mike Johnson tente également d’utiliser l’immigration comme monnaie d’échange, alors que se profile déjà une nouvelle bataille sur le budget début 2024.

Le budget de la dernière chance début 2024 ?

Si la Maison-Blanche sonne l’alarme, la situation ne semble pas être aussi drastique qu’évoquée. Selon le New York Times, il reste 4,8 milliards de dollars des enveloppes précédentes (sur 113 milliards de dollars au total), et le Pentagone estime pouvoir faire durer cette somme tout l’hiver, avec des combats qui devraient ralentir.

Si le Congrès américain ne parvient pas à trouver un compromis en 2024, tout se jouera au début de l’année prochaine : alors qu’une rallonge budgétaire avait évité un « shutdown » fin novembre, un budget doit être voté en deux temps mi-janvier et début février. La Maison-Blanche pourrait utiliser cette échéance pour mettre la pression sur les républicains.


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