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ENCADREMENTBiden signe un décret marquant un premier pas vers la régulation de l’IA

Etats-Unis : Biden signe un décret marquant un premier pas vers la difficile régulation de l’intelligence artificielle

ENCADREMENTLe décret donne notamment des orientations en matière d'équité et lance des recherches sur l’impact de l’IA sur le marché du travail
La vice-présidente américaine Kamala Harris regardant Joe Biden signer un décret sur l'intelligence artificielle, à la Maison-Blanche le 30 octobre 2023.
La vice-présidente américaine Kamala Harris regardant Joe Biden signer un décret sur l'intelligence artificielle, à la Maison-Blanche le 30 octobre 2023. - Bonnie Cash/UPI/Shutterstock / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

«Il n’y a pas d’autre solution » pour Joe Biden : l’intelligence artificielle « doit être encadrée ». La Maison-Blanche a donc dévoilé lundi des règles et principes censés assurer que l’Amérique « montre la voie » dans la régulation de cette technologie.

Le président a pour l’occasion signé un décret qui impose notamment aux entreprises du secteur de transmettre au gouvernement fédéral les résultats de leurs tests de sécurité, quand leurs projets posent « un risque sérieux en termes de sécurité nationale, de sécurité économique nationale, ou de santé publique ». Les critères de ces tests de sécurité seront fixés au niveau fédéral et rendus publics.

Identifier les contenus produits avec de l’IA

« Pour réaliser les promesses de l’IA et éviter les risques, nous devons gouverner cette technologie », a déclaré le dirigeant avant de signer le décret à la Maison-Blanche, devant des élus, membres du gouvernement et représentants d’industries.

Le texte donne également des orientations en matière d'équité (pour éviter les biais discriminatoires de l’IA), lance des recherches sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail et recommande le développement d’outils pour identifier facilement les contenus produits avec de l’IA, notamment.

Biden s’inquiète des « deepfakes »

Le démocrate de 80 ans a en outre mentionné avoir vu une vidéo de lui créée de toutes pièces avec de l’IA (deepfake). « Je me suis demandé quand est-ce que j’ai bien pu dire ça ? », a raconté Joe Biden, s’émouvant au sujet de l’utilisation de l’IA pour arnaquer des personnes en se faisant passer pour des membres de leur famille.

La Maison-Blanche a beau vanter l’ambition du décret, Joe Biden ne dispose en réalité que d’une marge de manœuvre limitée. Toute législation réellement contraignante et ambitieuse sur l’IA devrait passer par le Congrès américain. Or ce dernier est pour l’heure divisé entre démocrates et républicains, ce qui rend très peu probable l’adoption d’une loi de grande envergure.

Washington insiste sur la « responsabilité morale » des entreprises

Depuis le printemps, la Maison-Blanche insiste sur la « responsabilité morale » des entreprises à garantir la sécurité de leurs systèmes. Elle a d’ailleurs obtenu cet été que des grands noms du secteur numérique, comme Microsoft et Google, s’engagent à soumettre leurs systèmes d’intelligence artificielle à des tests extérieurs.

Le décret signé lundi s’appuie sur une loi datant de la guerre froide, le Defense Production Act (1950), qui confère au gouvernement fédéral un certain pouvoir de contrainte sur les entreprises, quand la sécurité du pays est en jeu. Joe Biden a en outre appelé les parlementaires à légiférer afin de « protéger la vie privée » des Américains, au moment où l’intelligence artificielle « non seulement rend plus facile d’extraire, identifier et exploiter les données personnelles, mais encourage aussi à le faire, puisque les entreprises utilisent ces données pour entraîner » les algorithmes.

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